Selon plusieurs médias allemands, dont le journal Bild am Sonntag, le gouvernement allemand et les autorités talibanes auraient conclu un accord technique prévoyant une augmentation significative des vols d’expulsion de ressortissants afghans condamnés pour des infractions graves.
D’après ces informations, l’Allemagne pourrait porter le nombre de vols de retour vers l’Afghanistan à trois par mois, voire un vol par semaine.
Les médias allemands indiquent également qu’en plus des vols charters, les autorités envisagent d’utiliser des vols commerciaux réguliers pour certaines expulsions.
La chaîne publique allemande Tagesschau rapporte que le ministère fédéral de l’Intérieur travaille à la mise en place d’une liaison aérienne stable destinée à faciliter les procédures d’expulsion.
Selon ces informations, les mesures concerneraient principalement des personnes considérées comme des criminels dangereux ou des individus représentant une menace pour la sécurité publique, actuellement détenus dans des prisons ou des centres de rétention en Allemagne.
Les médias allemands estiment qu’au moins une centaine de ressortissants afghans seraient actuellement concernés par des procédures d’expulsion.
Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré que « les expulsions de criminels vers l’Afghanistan seront effectuées de manière régulière et fiable ».
Il a affirmé que les personnes reconnues coupables de crimes graves devaient quitter le territoire allemand et que cette politique serait désormais appliquée de façon plus systématique.
Cette orientation fait cependant l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits humains.
L’organisation Pro Asyl a averti que ce type d’accord pourrait contribuer à normaliser les relations avec les Talibans.
Sa directrice exécutive, Helen Reshne, a estimé que la coopération visant à renvoyer des migrants vers l’Afghanistan soulève d’importantes préoccupations en matière de droits humains et pose également des questions de politique étrangère.
Selon les informations publiées par les médias allemands, les Talibans auraient auparavant annulé un vol d’expulsion programmé et demandé une augmentation du nombre de leurs diplomates présents en Allemagne.
Cette question met en lumière les tensions persistantes entre les impératifs de sécurité défendus par plusieurs gouvernements européens et les préoccupations humanitaires liées à la situation actuelle en Afghanistan. Le débat sur les expulsions vers ce pays demeure l’un des dossiers les plus sensibles de la politique migratoire européenne.












