Khalid Hanafi, ministre de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice du gouvernement taliban, a déclaré que la communauté internationale n’avait pas le droit d’intervenir dans les affaires intérieures de l’Afghanistan et que la responsabilité de la « réforme morale » de la société relevait de son ministère et de ses inspecteurs religieux.
Dans des extraits de son discours publiés jeudi 28 Jawza par le ministère taliban, Hanafi a affirmé que les divisions qui, selon lui, avaient été créées parmi les Afghans par les « ennemis de la religion » avaient disparu depuis le retour des talibans au pouvoir.
Il a également soutenu que les opposants aux talibans et ceux qu’il a qualifiés « d’adversaires de l’islam » avaient échoué face à l’unité et à la cohésion du mouvement.
S’adressant aux inspecteurs réunis à Kaboul, Hanafi a souligné que la promotion des valeurs religieuses constituait une responsabilité officielle et religieuse et qu’ils devaient poursuivre leur mission avec détermination et engagement.
Le ministre a insisté sur l’application intégrale de la loi relative à la Promotion de la vertu et à la Prévention du vice. Il a appelé les participants à faire preuve de patience dans leurs activités de sensibilisation et de supervision, tout en soulignant l’importance d’une connaissance approfondie des enseignements religieux et des principes islamiques.
Ces déclarations interviennent alors que le ministère a convoqué 550 inspecteurs issus des 34 provinces du pays pour participer à un séminaire de formation et de réorientation de trois jours à Kaboul.
Parallèlement, les critiques nationales et internationales visant ce ministère se sont intensifiées ces derniers mois. Des organisations de défense des droits humains et plusieurs institutions internationales demandent régulièrement aux talibans de lever les restrictions imposées aux femmes et de respecter les engagements internationaux de l’Afghanistan.
Ces critiques se sont particulièrement accentuées après les informations faisant état d’arrestations de femmes à Hérat et de la répression de manifestations dans cette province. Toutefois, Khalid Hanafi n’a fait aucune référence directe à ces événements dans son intervention.
La loi talibane sur la Promotion de la vertu confère d’importants pouvoirs aux inspecteurs religieux, chargés de surveiller le comportement, la tenue vestimentaire et certaines activités sociales des citoyens. Ce dispositif demeure l’un des sujets les plus controversés de la politique intérieure afghane et continue de susciter de vives critiques de la part de nombreuses organisations de défense des droits humains.



















