Une journée ordinaire de travail se déroulait à Radio Afghanistan lorsque le célèbre chanteur afghan Ahmad Zahir entra dans le studio pour enregistrer une chanson qu’il avait répétée avec les musiciens. Mais un événement inattendu allait changer le cours de cette journée et donner naissance à l’un des titres les plus emblématiques de la musique afghane.
Selon le récit de Ghaws Zalmai, ancien journaliste de Radio Télévision Nationale d’Afghanistan, un employé de la radio s’est approché d’Ahmad Zahir pendant la séance et lui a annoncé qu’une personne l’attendait à l’extérieur avec un message.
Le chanteur quitta alors le studio. Quelques minutes plus tard, il revint avec une feuille de papier à la main et un visage marqué par une profonde tristesse.
À la surprise générale, Ahmad Zahir annonça aux musiciens qu’il ne souhaitait plus enregistrer la chanson prévue. Il leur demanda plutôt d’interpréter une autre composition, alors qu’aucun d’entre eux ne s’y était préparé.
Malgré ce changement soudain, la séance d’enregistrement se poursuivit. Ce jour-là, Ahmad Zahir enregistra la chanson devenue légendaire : « Emshab Be Qessa-ye Del-e Man Goosh Mikoni, Farda Mara Cho Qessa Faramoosh Mikoni », sur un poème de Houshang Ebtehaj et une composition de Salim Sarmast.
Ghaws Zalmai raconte qu’après l’enregistrement, il demanda au chanteur ce qui s’était passé. Ahmad Zahir ne répondit pas. Selon ce témoignage, une larme coula simplement sur sa joue.
D’après cette version des faits, la lettre reçue ce jour-là était liée à sa séparation avec Najia, sa première épouse. Un événement qui aurait profondément affecté l’artiste et influencé son état émotionnel au moment de l’enregistrement.
Cette histoire demeure l’un des récits les plus connus de la vie d’Ahmad Zahir. Pour de nombreux admirateurs, elle illustre la manière dont le chanteur transformait ses émotions, ses peines et ses expériences personnelles en œuvres musicales intemporelles.
Plusieurs décennies après sa disparition, Ahmad Zahir reste une figure incontournable de la culture afghane. Ses chansons continuent d’être écoutées à travers le monde et occupent une place particulière dans la mémoire collective de plusieurs générations d’Afghans.


















