À l’approche du cinquième anniversaire du retour des Taliban au pouvoir, la France appelle la communauté internationale à maintenir la situation des femmes et des filles afghanes parmi ses priorités. Isabelle Rome, ambassadrice française pour les droits de l’Homme, a défendu cette position lors d’une réunion consacrée à l’Afghanistan en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Isabelle Rome a dénoncé les restrictions imposées aux femmes et aux filles par les Taliban et a affirmé que la France ne ferait « aucun compromis » sur cette question. Elle a notamment cité les mesures liées à la promotion de la vertu et à la prévention du vice comme illustration, selon elle, d’une politique systématique visant les droits des femmes.
Paris souhaite également que la question des droits des femmes afghanes soit explicitement prise en compte dans les résolutions des Nations unies consacrées à l’Afghanistan.
La France soutient par ailleurs les démarches judiciaires internationales concernant les violations présumées commises contre les femmes et les filles. Paris a notamment soutenu, avec plusieurs autres pays, les procédures engagées devant la Cour pénale internationale concernant la situation en Afghanistan. La France avait également salué en 2025 l’émission par la CPI de mandats d’arrêt contre deux dirigeants talibans pour persécution fondée sur le genre. oai_citation:0‡Digital Library
Rome a aussi défendu la mise en place d’un mécanisme international d’enquête sur l’Afghanistan chargé de documenter les violations graves des droits humains. La France affirme soutenir ce mécanisme, créé en octobre 2025, dont le mandat porte notamment sur les violations des droits des femmes et des filles. oai_citation:1‡France Diplomatie
Pour Paris, la documentation des faits constitue une étape essentielle dans la recherche de la vérité, de la justice et de la lutte contre l’impunité. Cette approche s’inscrit dans une politique française plus large : le ministère français des Affaires étrangères affirme que toute normalisation avec les Taliban dépend notamment du respect des droits des femmes et des filles. oai_citation:2‡France Diplomatie
La France considère également que les femmes et les jeunes doivent participer aux discussions sur l’avenir de l’Afghanistan. Cette position a été réaffirmée par la diplomatie française dans les enceintes des Nations unies, où Paris estime que l’avenir du pays ne peut être défini sans la participation des femmes et de la société civile. oai_citation:3‡UN Transcripts
Cinq ans après la prise du pouvoir par les Taliban, Paris affirme que les restrictions visant les femmes et les filles se sont poursuivies. Dans une déclaration publiée en août 2026, le gouvernement français a notamment dénoncé leur exclusion de l’enseignement secondaire et supérieur ainsi que différentes mesures limitant leur présence dans l’espace public. oai_citation:4‡France Diplomatie
La position française intervient dans un contexte où les mécanismes internationaux cherchent à établir une réponse durable aux violations documentées en Afghanistan. La question ne se limite donc plus aux déclarations politiques : elle se déplace également vers la documentation des faits, les procédures judiciaires et les mécanismes internationaux de responsabilité.
L’efficacité de cette stratégie dépendra toutefois de plusieurs facteurs : la capacité des mécanismes internationaux à recueillir et préserver les preuves, la coopération des États concernés, les décisions des institutions judiciaires et la possibilité d’appliquer concrètement leurs conclusions.
Pour les femmes et les filles afghanes, l’enjeu reste directement lié à leur accès à l’éducation, au travail, à la vie publique et à leurs libertés fondamentales. Pour la France, maintenir ces questions à l’agenda international constitue désormais un élément central de sa politique à l’égard de l’Afghanistan.
La prochaine étape se jouera donc autant dans les enceintes diplomatiques que dans les mécanismes judiciaires internationaux : il s’agira de déterminer comment les déclarations de soutien aux Afghanes peuvent être transformées en documentation, en responsabilité juridique et en mesures concrètes.


















