Selon une enquête publiée par le média EUobserver, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) a facilité le retour volontaire d’environ 50 réfugiés afghans vers l’Afghanistan depuis le début de l’année 2026.
Le rapport indique que la mise en œuvre de ce programme en Afghanistan a été confiée à l’organisation non gouvernementale belge IRARA. D’après EUobserver, plusieurs dirigeants de cette organisation ont auparavant travaillé pour des sociétés britanniques de sécurité privée, notamment Serco et Mitie.
L’enquête affirme également qu’IRARA est devenue l’un des principaux bénéficiaires des financements de Frontex. L’organisation aurait reçu un contrat de 19,5 millions d’euros en 2024, puis près de 39 millions d’euros en 2025, tandis que ses actifs auraient fortement augmenté au cours de cette période.
EUobserver relève par ailleurs un manque de transparence dans les activités d’IRARA. Bien que l’organisation ait confirmé sa coopération avec Frontex en Afghanistan, son site internet ne mentionne ni ses activités dans ce pays ni son partenariat avec l’agence européenne.
Le rapport indique également que l’Union européenne poursuit des contacts indirects avec les autorités talibanes afin d’examiner la question du retour des migrants afghans. Dans ce cadre, une délégation talibane s’est rendue à Bruxelles en juin pour rencontrer des représentants de quinze États membres de l’Union européenne et discuter de cette question.
Interrogé par EUobserver, le directeur exécutif de Frontex, Hans Leijtens, a déclaré que l’agence n’était actuellement pas en mesure de procéder à des expulsions forcées vers l’Afghanistan. Il a toutefois ajouté qu’un changement de cette politique à l’avenir ne pouvait être exclu, en fonction des décisions des États membres de l’Union européenne et de l’évolution de la situation en Afghanistan.
La publication de cette enquête intervient alors que plusieurs organisations internationales de défense des droits humains continuent de mettre en garde contre les retours vers l’Afghanistan, estimant que la situation sécuritaire et celle des droits humains, en particulier pour les femmes et les minorités, demeurent préoccupantes.


















