De nouvelles techniques agricoles contribuent à réduire les pertes de récoltes, à mieux gérer les ressources naturelles et à soutenir les moyens de subsistance des agriculteurs en Afghanistan, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). À l’approche de la Journée mondiale de l’alimentation, l’organisation met en avant six expériences menées dans les provinces de Kondoz, Faryab, Paktiya, Takhar, Bamiyan et Hérat.
Dans la province de Kondoz, des équipements de nivellement laser permettent d’aplanir les terres afin de répartir plus uniformément l’eau d’irrigation et les engrais. Selon la FAO, depuis 2025, des associations d’irrigation peuvent accéder collectivement à ces équipements. Plus de 23 000 familles agricoles y auraient ainsi accès, ce qui pourrait favoriser une utilisation plus efficace de l’eau et des intrants.
À Paktiya, l’association de l’arboriculture fruitière et de cultures fourragères permet aux agriculteurs d’exploiter une même parcelle pour produire des fruits et du fourrage destiné aux animaux. Cette approche vise à diversifier la production et à mieux valoriser les terres disponibles.
La FAO souligne également les résultats obtenus grâce aux séchoirs solaires pour conserver les fruits et les légumes. Ces installations permettent notamment aux femmes de préserver une partie de leur production pour la consommation hivernale ou de la vendre. Selon les données présentées par l’organisation, le taux moyen de pertes après récolte parmi les familles bénéficiaires est passé d’environ 26 % à 7 %. Environ un quart de ces familles auraient également vendu une partie de leurs produits séchés.
À Bamiyan, les cuiseurs solaires sont utilisés pour préparer les repas et faire bouillir de l’eau pendant les journées ensoleillées. D’après la FAO, cette technologie peut réduire les besoins en bois de chauffage et en broussailles. La diminution de cette consommation pourrait contribuer à limiter la pression exercée sur les pâturages et la végétation locale.
Dans la province d’Hérat, des bâtiments spécialement conçus pour sécher le raisin contribuent à améliorer la qualité des raisins secs. Les agriculteurs utilisant ces installations indiquent que la durée du séchage est passée d’environ 30 jours à 15 jours. Les pertes auraient également diminué, passant de 40 à 50 % à une fourchette comprise entre 10 et 15 %.
La FAO présente par ailleurs des entrepôts sans consommation d’énergie pour conserver des produits tels que les oignons, les pommes et les pommes de terre. Grâce à leur conception et à la circulation naturelle de l’air, ces installations contribuent à maintenir des conditions de conservation plus stables et à ralentir la détérioration des récoltes.
Ces six expériences illustrent différentes manières d’adapter les technologies aux conditions agricoles locales : mieux répartir l’eau, diversifier les cultures, conserver les aliments, réduire la consommation de bois et améliorer le stockage. Leurs résultats rapportés sont encourageants, mais leur portée dépend notamment de la capacité à rendre ces solutions accessibles à davantage de familles agricoles.
La présentation de ces initiatives intervient à l’approche de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée chaque année le 16 octobre. Pour 2026, le thème annoncé est : « Innover aujourd’hui, nourrir demain ».
Dans un pays où les moyens de production et les ressources disponibles restent des enjeux majeurs pour les communautés rurales, la diffusion de solutions adaptées pourrait contribuer à limiter le gaspillage et à renforcer les revenus agricoles. L’enjeu sera de consolider ces expériences et d’élargir leur accès afin que leurs bénéfices puissent toucher un plus grand nombre d’agriculteurs.


















