KHOST — Douze journalistes ont été temporairement détenus mardi à Khost par des agents de la police talibane de la promotion de la vertu et de la prévention du vice alors qu’ils couvraient une exposition de livres. Leurs caméras ont également été saisies et n’avaient toujours pas été restituées plusieurs heures après leur libération, selon le Centre des journalistes afghans.
D’après une source locale citée par le Centre, les journalistes ont été arrêtés alors qu’ils couvraient l’exposition dans le deuxième district de la ville de Khost. Ils auraient été libérés après la saisie de leurs équipements, mais les caméras seraient restées entre les mains des agents.
Un journaliste local a déclaré au Centre que les professionnels des médias s’étaient rendus à l’exposition à l’invitation du département taliban de l’Information et de la Culture à Khost. Selon son témoignage, les agents de la police de la promotion de la vertu et de la prévention du vice les ont néanmoins arrêtés et auraient eu un comportement qualifié d’humiliant.
Le même journaliste affirme que le bureau du gouverneur et d’autres responsables locaux talibans avaient été informés de l’incident. Environ quatre heures après les arrestations, les équipements n’avaient toutefois toujours pas été rendus.
Le Centre des journalistes afghans relie cette intervention à l’interdiction de publier des images d’êtres vivants, prévue par la loi talibane sur la promotion de la vertu et la prévention du vice. Selon l’organisation, cette restriction est désormais appliquée dans 25 provinces du pays.
Le Centre précise cependant que l’interdiction n’a pas été officiellement annoncée à Khost. Les journalistes et médias locaux auraient néanmoins subi à plusieurs reprises des pressions informelles pour l’appliquer.
L’organisation a dénoncé le traitement réservé aux journalistes, le qualifiant d’humiliant et contraire à la dignité humaine et professionnelle. Elle demande aux Taliban de restituer immédiatement les caméras et de permettre aux journalistes d’exercer leur métier sans craindre les arrestations ou les menaces.
L’affaire de Khost dépasse ainsi la seule saisie de matériel. Le fait que des journalistes aient été arrêtés alors qu’ils couvraient, selon leur témoignage, un événement organisé sur invitation du département taliban de l’Information et de la Culture, alors même que la restriction invoquée n’aurait pas été officiellement notifiée dans la province, illustre l’incertitude croissante entourant les règles applicables aux médias.
Cette situation peut également créer un effet dissuasif important pour les médias locaux. Lorsqu’un journaliste ne sait pas clairement quelles images ou quelles activités peuvent entraîner une intervention, le risque d’arrestation ou de confiscation du matériel peut suffire à limiter la couverture d’événements publics. Pour une rédaction qui dépend de ses caméras pour travailler, la saisie de l’équipement peut en pratique interrompre son activité professionnelle.
Les Taliban n’ont, jusqu’à présent, pas donné d’explication publique sur la détention des 12 journalistes, la saisie de leurs caméras ou les accusations de comportement humiliant formulées contre leurs agents.


















