Sarwar Danesh, ancien vice-président de l’Afghanistan, a appelé à la création d’un « gouvernement en exil » qui servirait d’autorité politique de référence et pourrait préparer une période de transition dans le pays.
Danesh s’exprimait dimanche lors d’une conférence virtuelle organisée à l’occasion du cinquième anniversaire de la prise du pouvoir par les talibans. La rencontre était organisée par le Mouvement national pour le salut de l’Afghanistan et le Conseil supérieur de la résistance nationale pour le salut de l’Afghanistan.
Selon lui, l’Afghanistan a besoin d’un cadre politique capable de préparer un transfert du pouvoir et de poser les bases d’un système reposant sur la volonté des citoyens.
L’ancien vice-président a qualifié les talibans de mouvement autoritaire favorable à ce qu’il décrit comme un « apartheid de genre ». Il a toutefois insisté sur le fait que l’opposition aux talibans ne constitue pas une opposition à une ethnie, une culture ou une langue particulière.
« Ce à quoi nous nous opposons, c’est la logique du monopole du pouvoir », a-t-il déclaré.
Danesh a également averti que la seule chute des talibans ne permettrait pas de résoudre les problèmes structurels de l’Afghanistan. Selon lui, si les causes profondes de la crise politique ne sont pas traitées, le pays pourrait retomber dans un cycle de violence et de guerre civile.
En s’appuyant sur l’histoire politique de l’Afghanistan, il a estimé que la forme et le contenu du système politique avaient toujours joué un rôle déterminant dans les crises du pays. Il a notamment appelé à éviter qu’une forme d’autoritarisme soit simplement remplacée par une autre.
L’ancien vice-président a également plaidé pour une décentralisation du système politique. Selon lui, la délégation de pouvoirs aux administrations locales, une plus grande autonomie régionale et le fédéralisme pourraient faire partie des options permettant de mieux répartir le pouvoir.
Danesh estime par ailleurs qu’une partie importante des destructions et des crises qu’a connues l’Afghanistan est liée à l’idéologie et à l’extrémisme au sein des systèmes politiques, qui ont contribué, selon lui, à restreindre les libertés de la population.
Il a souligné que les différents groupes ethniques d’Afghanistan possèdent des identités historiques et géographiques distinctes, tout en affirmant que tous les citoyens doivent bénéficier de droits égaux.
Concernant le modèle politique qu’il défend, Danesh a évoqué une « démocratie religieuse ». Selon lui, ce système devrait garantir les libertés civiles et la liberté d’expression, assurer l’égalité des citoyens, répartir équitablement le pouvoir et permettre à toutes les composantes de la société de participer à la vie politique.
Il a également rejeté l’idée que les mouvements politiques puissent se considérer comme détenteurs d’une vérité absolue et a insisté sur la nécessité de rendre l’autorité politique au peuple.
La proposition d’un gouvernement en exil intervient cinq ans après le retour des talibans au pouvoir, alors que les forces politiques opposées au mouvement restent divisées sur la forme du futur système politique, les modalités d’une éventuelle transition et la manière de construire une structure politique inclusive.
La faisabilité et la légitimité d’un éventuel gouvernement en exil dépendraient notamment de sa capacité à obtenir une représentation politique crédible, un soutien interne et international ainsi qu’un consensus suffisamment large entre les différentes forces politiques afghanes.


















