Yasin Zia, chef du Front de la liberté d’Afghanistan, a déclaré que les récents affrontements dans le district de Zebak, dans la province du Badakhchan, remettaient en cause les affirmations des talibans selon lesquelles toute résistance armée aurait été éliminée dans le pays.
Dans un entretien accordé au média anglophone Amargi, il a affirmé que la récente attaque menée par les forces de son mouvement contre des positions talibanes démontrait que la résistance pouvait encore être organisée à l’intérieur de l’Afghanistan.
Selon Yasin Zia, la lutte armée ne constitue pas un objectif en soi pour le Front de la liberté. Il a expliqué qu’elle représente un moyen de mettre fin à la concentration du pouvoir et de créer les conditions d’un processus politique fondé sur la volonté populaire, l’État de droit et une alternance obtenue par les urnes.
Le dirigeant du mouvement a également rejeté toute lecture ethnique du conflit. Il a déclaré que les talibans ne représentent aucune ethnie en particulier et que leurs opposants comme leurs victimes appartiennent à l’ensemble des communautés afghanes. À ses yeux, le principal problème réside dans la concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle idéologique.
Yasin Zia a par ailleurs appelé les différents mouvements opposés aux talibans à dépasser leurs divergences et à se rassembler autour de principes communs, notamment la fin du pouvoir taliban, le rétablissement de la souveraineté populaire, la préservation de l’intégrité territoriale, la garantie des droits des femmes et de toutes les composantes de la société, ainsi que la mise en place d’institutions responsables.
Il a enfin indiqué que son mouvement ne rejetait pas le principe du dialogue, tout en soulignant que certains principes — tels que la souveraineté populaire, les droits fondamentaux des femmes, l’égalité entre les citoyens, les libertés civiles et l’indépendance de la justice — ne pouvaient, selon lui, faire l’objet d’aucune négociation.


















