Médecins Sans Frontières (MSF) a appelé le gouvernement pakistanais à mettre un terme aux expulsions forcées des réfugiés afghans, avertissant que des milliers d’entre eux vivent dans une peur permanente des arrestations, de la perte de leurs moyens de subsistance et de l’expulsion.
Dans un communiqué publié mardi, l’organisation explique que de nombreux réfugiés afghans renoncent à consulter les services de santé par crainte d’être arrêtés. Beaucoup ne sollicitent une prise en charge médicale que lorsque leur état de santé s’est fortement détérioré.
Selon MSF, cette situation favorise l’apparition de problèmes de santé évitables, notamment la malnutrition chez les enfants et les complications graves liées à la grossesse.
Le rapport relate également le témoignage d’un réfugié afghan affirmant avoir été arrêté lors d’une opération de la police pakistanaise malgré la possession d’un titre de séjour valide. Il indique que son épouse, enceinte de trois mois, aurait subi une fausse couche après avoir souffert d’une forte détresse psychologique provoquée par son arrestation.
L’organisation souligne en outre que les politiques d’expulsion et la crainte constante d’être interpellé réduisent les possibilités d’emploi des réfugiés afghans et affaiblissent la capacité de nombreuses familles à subvenir à leurs besoins essentiels.
Selon MSF, les cliniques mobiles de l’organisation à Quetta, capitale de la province pakistanaise du Baloutchistan, ont enregistré au début de l’année 2026 un taux élevé de malnutrition aiguë chez les enfants. Environ un tiers des enfants examinés souffraient de malnutrition aiguë, dont 7,6 % de malnutrition aiguë sévère et 25,7 % de malnutrition aiguë modérée.
L’organisation précise qu’environ 90 % des patients pris en charge pour malnutrition étaient des réfugiés afghans, principalement des femmes et des enfants.
Médecins Sans Frontières appelle le Pakistan ainsi que les autres pays accueillant des réfugiés afghans à suspendre les expulsions forcées tant que les conditions d’un retour sûr, volontaire et digne en Afghanistan ne seront pas réunies.


















