La contestation grandit à Herat après le renforcement des mesures imposées par les Taliban concernant la tenue vestimentaire des femmes. Dans une déclaration diffusée ces derniers jours, plusieurs femmes et habitants de la province ont dénoncé l’obligation du port du tchadri, qualifiant cette politique d’« injuste » et de « punitive ».
Les signataires estiment que les restrictions imposées par les autorités talibanes ne correspondent ni à l’identité historique de Herat ni à ses traditions culturelles. Selon eux, les interprétations rigides des règles sociales imposées dans la province sont en contradiction avec le caractère pluraliste et culturellement riche de cette ville de l’ouest de l’Afghanistan.
Cette réaction intervient alors que les Taliban ont intensifié leurs contrôles concernant la tenue des femmes dans plusieurs quartiers de Herat.
Selon des sources locales citées par Afghanistan International, les forces talibanes ont lancé samedi une vaste opération visant les femmes accusées de ne pas respecter le code vestimentaire exigé par les autorités.
Des témoins affirment que les contrôles ont été menés dans différents secteurs de la ville et que plusieurs femmes ont été interpellées au cours de ces opérations.
D’après les mêmes sources, plus de vingt femmes auraient été arrêtées dans un seul secteur urbain au cours de la journée.
Les Taliban ont récemment ordonné que les femmes considérées comme ne respectant pas les règles vestimentaires imposées soient arrêtées puis transférées en détention. Cette directive est entrée en vigueur samedi.
Depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les Taliban ont progressivement multiplié les restrictions touchant la vie publique des femmes. Ces mesures concernent notamment l’éducation, l’emploi, les déplacements, l’accès aux espaces publics et la participation à la vie sociale.
Les organisations internationales de défense des droits humains ont à plusieurs reprises critiqué ces politiques, estimant qu’elles réduisent considérablement les libertés fondamentales des femmes afghanes.
À Herat, les nouvelles arrestations ont ravivé les inquiétudes de nombreuses familles. Plusieurs habitants affirment que la multiplication des contrôles crée un climat de peur et d’incertitude, notamment pour les femmes qui se déplacent quotidiennement pour leurs activités familiales ou professionnelles.
Au-delà de la question vestimentaire, cette nouvelle campagne illustre l’élargissement du contrôle exercé sur la vie quotidienne des femmes afghanes. Pour les critiques des Taliban, il ne s’agit plus seulement d’une réglementation sociale, mais d’un système de surveillance qui limite davantage la présence des femmes dans l’espace public.
Alors que les autorités talibanes présentent ces mesures comme une application de leur vision des principes religieux, leurs opposants estiment qu’elles accentuent l’isolement des femmes et creusent davantage le fossé entre l’Afghanistan et la communauté internationale sur la question des droits fondamentaux.


















