Le chef suprême des Taliban, Hibatullah Akhundzada, a réuni à Kandahar les gouverneurs et responsables locaux de neuf provinces du nord et du nord-est de l’Afghanistan afin de réaffirmer les priorités politiques, religieuses et administratives du mouvement.
Selon un communiqué publié par les autorités talibanes, Akhundzada a insisté sur la mise en œuvre des décrets du mouvement, la préservation de l’unité nationale, l’application de la charia et la promotion de la politique dite de « pardon général ».
Le dirigeant taliban a affirmé que l’objectif de cette amnistie était de mettre fin aux représailles, aux conflits hérités du passé et aux cycles de vengeance qui ont marqué plusieurs décennies de guerre en Afghanistan.
Il a appelé les érudits religieux, les chefs communautaires et les responsables locaux à encourager la réconciliation, la résolution pacifique des différends et le dépassement des anciennes rivalités afin d’éviter que les générations futures ne soient entraînées dans de nouveaux cycles de violence.
Le vice-porte-parole des Taliban a indiqué que la réunion rassemblait des gouverneurs provinciaux, des présidents de conseils d’oulémas, des responsables judiciaires ainsi que plusieurs personnalités religieuses et administratives des provinces du nord et du nord-est.
Plusieurs hauts responsables religieux et judiciaires du mouvement ont également participé à la rencontre, notamment des représentants du Conseil des oulémas de Kandahar, des membres de la Cour suprême talibane et des responsables du Dar al-Ifta central.
Au cours de son intervention, Akhundzada a exhorté les responsables provinciaux à faire preuve de piété, de modestie et d’équité dans leurs relations avec la population.
Il a souligné que les responsables devaient appliquer eux-mêmes les directives et politiques des Taliban avant de les promouvoir auprès de la population.
Le chef du mouvement a également insisté sur l’importance de la politique d’« encouragement du bien et prévention du mal », de la participation aux réunions religieuses, du renforcement des liens entre les autorités religieuses et la société ainsi que de la promotion des pratiques et enseignements islamiques.
Selon le communiqué officiel, Akhundzada s’est déclaré satisfait du travail accompli par les responsables locaux tout en les appelant à éviter toute négligence administrative, à agir dans l’intérêt de la population et à préserver la cohésion sociale.
À l’issue de la rencontre, les participants auraient renouvelé leur allégeance au chef suprême des Taliban.
Cette réunion intervient alors que les Taliban poursuivent leurs efforts pour consolider leurs structures administratives, religieuses et judiciaires à travers le pays.
Dans le même temps, le mouvement continue de faire face à des critiques nationales et internationales concernant la situation des droits humains, les restrictions imposées aux femmes, les limitations des libertés civiles et les questions liées à la gouvernance.
Malgré ces critiques, Akhundzada maintient sa ligne politique fondée sur l’application intégrale des décisions du mouvement dans l’ensemble du pays. Les rencontres régulières avec les responsables provinciaux s’inscrivent dans cette stratégie de supervision et de centralisation du pouvoir.
Au-delà des messages religieux et administratifs, cette réunion apparaît comme une démonstration de cohésion interne. Dans un contexte marqué par des pressions diplomatiques croissantes, des difficultés économiques persistantes et des débats sur l’avenir politique de l’Afghanistan, le chef des Taliban semble chercher à réaffirmer l’unité du mouvement, la loyauté envers sa direction et l’application uniforme de ses politiques dans toutes les provinces.


















