De nouvelles conclusions publiées par le Réseau de recherche et de plaidoyer pour les femmes et les enfants, dans le cadre d’une étude conjointe avec l’Université de Toronto, indiquent qu’environ 95 % des femmes en Afghanistan renoncent à poursuivre leurs affaires juridiques en raison d’une profonde méfiance envers le système judiciaire.
Ce chiffre alarmant dresse le portrait d’une crise majeure de l’accès effectif des femmes à la justice depuis les bouleversements politiques de 2021.
Selon ce rapport, environ 65 % des femmes interrogées ont également évoqué des expériences négatives lors de leurs démarches auprès des tribunaux, suggérant que la crise ne concerne pas seulement l’accès, mais aussi la qualité, la sécurité et la crédibilité du processus judiciaire.
L’étude souligne que la réduction de la présence des femmes dans les institutions juridiques et judiciaires, combinée à l’affaiblissement des structures de justice, a fortement contribué à l’érosion des garanties de procès équitable pour les femmes.
Dans ce contexte, de nombreuses Afghanes considèrent désormais les mécanismes officiels non seulement comme inefficaces, mais parfois comme potentiellement préjudiciables.
Les participants à la présentation de cette recherche ont averti que la poursuite de cette situation pourrait favoriser une hausse des violences domestiques, un approfondissement du désespoir social et une aggravation de la crise des droits humains.
Lorsque la majorité des femmes d’un pays ne perçoivent plus la justice comme une protection, cela reflète une crise structurelle touchant la sécurité humaine et le soutien social.


















