Le journal britannique Daily Mail a publié un reportage exclusif relatant le témoignage de Shukria, une Afghane de 33 ans qui affirme avoir été victime, avec sa famille, de violences, de détentions et de tortures sous les talibans, aussi bien durant leur premier régime qu’après leur retour au pouvoir.
Shukria raconte avoir été témoin pour la première fois de la violence des talibans à l’âge de huit ans, lorsque son père, ancien militaire sous le gouvernement de Mohammad Najibullah, a été fouetté publiquement, humilié puis emprisonné.
Selon son témoignage, les talibans forçaient également des femmes sans soutien familial à épouser des membres du groupe, tandis que les familles qui refusaient étaient menacées de mort.
Elle affirme que sa famille a dû marier sa tante de 17 ans à un combattant taliban afin d’obtenir la libération de son père. La jeune fille aurait ensuite été emmenée à Kandahar et n’a plus jamais donné de nouvelles.
Après la chute du premier régime taliban, Shukria dit avoir pu poursuivre ses études et travailler pendant plus de dix ans au ministère afghan de la Défense nationale.
Mais avec le retour des talibans en août 2021, sa vie aurait de nouveau basculé.
Elle raconte que quarante jours après la chute de Kaboul, des talibans ont fait irruption chez elle au milieu de la nuit, arrêtant et torturant son père ainsi qu’elle-même, en les accusant de « trahison envers l’islam » et de collaboration avec des étrangers.
Selon elle, elle a été détenue dans un centre non officiel à Kaboul, battue et gravement blessée aux genoux.
Après avoir fui l’Afghanistan, Shukria attend désormais au Pakistan l’obtention d’un visa pour rejoindre l’Amérique latine.
Son récit reflète les pressions, la peur et les restrictions dénoncées par de nombreuses femmes afghanes depuis le retour des talibans au pouvoir.
Les talibans affirment pourtant garantir les droits des femmes « dans le cadre de la charia », mais des organisations de défense des droits humains et de nombreux témoignages continuent de faire état d’arrestations, de tortures, de mariages forcés et de l’exclusion des femmes de la vie publique.


















