Richard Bennett, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains en Afghanistan, a demandé l’ouverture d’une enquête complète et indépendante après la frappe aérienne meurtrière menée par le Pakistan contre un centre de traitement des toxicomanes à Kaboul.
Dans un message publié sur le réseau X, Bennett a affirmé que plus de 269 civils avaient été tués lors de l’attaque menée le 15 mars contre le centre de réhabilitation situé dans l’est de la capitale afghane.
Le responsable onusien a averti que « les attaques délibérées contre des civils ou des infrastructures civiles peuvent constituer des crimes de guerre ». Il a également appelé les Taliban à garantir la sécurité des patients présents dans ce type d’établissement.
Dans la soirée du 15 mars, des avions pakistanais ont bombardé le centre dans le cadre d’une opération baptisée « Ghazab-ul-Haq ». Depuis 2016, l’établissement était considéré comme l’un des plus grands centres de désintoxication du pays avec une capacité d’accueil d’environ deux mille patients.
Alors que les Nations unies ont confirmé la mort de 269 civils et la blessure de 122 autres personnes, les autorités talibanes affirment que le nombre de victimes dépasse les 400 morts.
Human Rights Watch et Amnesty International ont également qualifié cette attaque d’illégale, disproportionnée et potentiellement constitutive d’un crime de guerre, appelant à une enquête indépendante et à des mesures de responsabilité contre Islamabad.
Les Taliban dénoncent de leur côté un « massacre délibéré de patients et de civils » ainsi qu’une violation flagrante du droit international humanitaire. Selon eux, le centre Hope était exclusivement un établissement médical sans lien avec des installations militaires.
Le Pakistan rejette toutefois ces accusations et affirme que l’opération visait des infrastructures militaires, des dépôts de munitions et des sites liés au Tehrik-e-Taliban Pakistan.
Islamabad soutient que le centre médical n’a pas été directement visé et que les destructions seraient dues à des explosions secondaires provoquées par des munitions stockées à proximité.


















