Après la signature d’un accord de coopération militaire et technique entre les Taliban et la Russie à Moscou, plusieurs médias européens et ukrainiens ont exprimé leurs inquiétudes concernant les conséquences cachées de ce partenariat.
Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité russe, et Mohammad Yaqoub Mujahid, ministre taliban de la Défense, ont signé mercredi 27 mai un accord sécuritaire en marge du Forum international sur la sécurité organisé près de Moscou.
Le contenu exact de ce document n’a pas encore été officiellement publié, alimentant ainsi une vague de spéculations en Europe.
Dans une analyse, le journal britannique The Independent s’est demandé si des combattants talibans pourraient un jour apparaître sur les fronts de la guerre en Ukraine.
Le média estime que le secret entourant l’accord nourrit les inquiétudes concernant une possible utilisation par la Russie de combattants talibans pour soutenir son armée dans le conflit ukrainien.
Le journal ukrainien Kyiv Post a également rapporté que Moscou avait progressivement renforcé ses relations avec les Taliban ces dernières années.
Le média roumain Mediafax a pour sa part souligné que les inquiétudes se sont intensifiées après l’expérience de coopération militaire entre la Russie et la Corée du Nord, pays qui avait déjà envoyé des milliers de soldats sur les fronts ukrainiens.
Les rapports évoquent aussi les accusations occidentales contre l’Iran concernant la fourniture de drones et d’équipements militaires à la Russie.
Cependant, plusieurs analystes estiment que les Taliban ne disposent ni d’armes sophistiquées à exporter vers Moscou ni de forces ayant reçu une formation militaire classique comparable à celle des armées régulières.
Les rapports rappellent toutefois que la Russie a déjà utilisé des ressortissants étrangers dans la guerre en Ukraine.
Selon plusieurs enquêtes, des dizaines de jeunes Indiens auraient été attirés vers la Russie avec des promesses d’emplois et de hauts salaires avant d’être envoyés sur les lignes de front.
Les autorités indiennes ont confirmé que certains citoyens du pays combattaient dans les rangs de l’armée russe et que plusieurs avaient été tués.
Le renseignement militaire ukrainien a également affirmé le mois dernier que Moscou prévoyait de recruter entre 18 000 et 20 000 ressortissants étrangers en 2026 pour la guerre contre l’Ukraine.
Dans ce contexte, certains experts pensent que la coopération entre la Russie et les Taliban pourrait surtout porter sur la sécurité régionale, la lutte contre le trafic de drogue, l’échange de renseignements et la formation militaire.
La Russie a à plusieurs reprises exprimé ces dernières années ses inquiétudes concernant les groupes extrémistes, le trafic de drogue et l’instabilité sécuritaire en Afghanistan.
De leur côté, les Taliban cherchent à renforcer leurs relations militaires et sécuritaires avec Moscou et à obtenir un soutien russe en matière d’armement et de formation.


















