Un citoyen afghan de 42 ans, Tourat Mohammadi, a été exécuté dans la prison centrale de Karaj en Iran après avoir été condamné à mort pour « espionnage », selon l’organisation de défense des droits humains Hengaw et l’ONG Iran Human Rights.
Selon Hengaw, l’exécution a été réalisée à l’aube du mercredi 23 septembre 2026, sans information préalable de la famille et de l’avocat de Mohammadi. Iran Human Rights rapporte également que son identité a été établie après l’exécution.
Tourat Mohammadi était originaire de Mazar-e-Charif et père de quatre enfants. Il vivait avec sa famille à Qom avant son arrestation, selon les informations recueillies par les organisations de défense des droits humains.
D’après ces sources, Mohammadi avait travaillé avant son arrestation dans une organisation liée au Corps des gardiens de la révolution islamique. Il avait été arrêté moins de deux ans avant son exécution et aurait passé environ sept mois dans un centre de détention relevant des services de renseignement des Gardiens de la révolution.
Il a ensuite été condamné à mort pour « espionnage ». Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir de manière indépendante pour quel pays ou quelle organisation il aurait été accusé d’espionnage.
Selon Hengaw, Mohammadi avait été transféré à la prison centrale de Karaj six jours avant l’exécution. L’organisation affirme que sa famille et son avocat n’avaient pas été informés à l’avance de la date de l’exécution et qu’il n’avait pas pu avoir une dernière rencontre avec son épouse et ses enfants.
Les autorités iraniennes n’ont pas, à ce stade, confirmé publiquement ces informations. Les circonstances précises de l’affaire et les éléments ayant conduit à la condamnation pour espionnage ne peuvent donc pas être vérifiés de manière indépendante.
Cette affaire intervient dans un contexte de multiplication des exécutions en Iran pour des accusations liées à l’espionnage. Iran Human Rights affirme que Tourat Mohammadi est la seizième personne exécutée en Iran en 2026 après avoir été condamnée pour une accusation d’espionnage.
Hengaw affirme pour sa part que près de 190 citoyens afghans auraient été exécutés en Iran au cours des trois dernières années. Selon les chiffres avancés par cette organisation, 80 Afghans auraient été exécutés en 2024, 84 en 2025 et 23 depuis le début de 2026. Ces statistiques proviennent de l’organisation et ne constituent pas un bilan officiellement vérifié par les autorités iraniennes.
Le cas de Tourat Mohammadi attire particulièrement l’attention en raison de son statut de ressortissant afghan, de son passé professionnel présumé auprès d’une structure liée aux Gardiens de la révolution et du caractère secret de l’exécution rapporté par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Au-delà de cette affaire individuelle, la multiplication des accusations d’espionnage et des condamnations à mort en Iran soulève des questions sur la transparence des procédures judiciaires, l’accès des familles et des avocats aux informations et les garanties accordées aux personnes condamnées.
Pour les Afghans vivant en Iran, ces affaires ajoutent également une dimension particulière à un contexte déjà marqué par de fortes vulnérabilités. Mais sans données officielles complètes et sans confirmation indépendante de chaque cas, l’ampleur exacte des exécutions de ressortissants afghans reste difficile à établir.


















