Avant de commencer officiellement sa mission à Kaboul, Rabab Fatima, nouvelle représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour l’Afghanistan et cheffe de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan, a rencontré à New York Vikram Misri, secrétaire adjoint au ministère indien des Affaires étrangères.
Selon le ministère indien des Affaires étrangères, Vikram Misri a insisté lors de cette rencontre sur la nécessité pour la communauté internationale de maintenir son attention sur les besoins humanitaires de la population afghane. Il a également salué le rôle joué par l’UNAMA en Afghanistan et réaffirmé la volonté de l’Inde de poursuivre sa coopération avec la mission des Nations unies.
Rabab Fatima a, de son côté, exprimé sa satisfaction à l’issue de la rencontre et remercié l’Inde pour son soutien durable au Bureau du Haut Représentant des Nations unies pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.
Elle a également souligné le rôle de l’Inde en tant que coprésidente du Groupe des amis des pays en développement sans littoral et exprimé l’espoir que New Delhi poursuivra cette coopération.
La rencontre s’est déroulée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, alors que Rabab Fatima n’a pas encore officiellement commencé son travail en Afghanistan. Sa prise de fonctions à la tête de l’UNAMA doit intervenir prochainement.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait nommé Rabab Fatima le 15 juillet 2026 comme sa représentante spéciale pour l’Afghanistan et cheffe de l’UNAMA. Elle succède à Roza Otunbayeva.
Selon les Nations unies, Rabab Fatima dispose de plus de 30 ans d’expérience dans les services publics ainsi que dans la diplomatie bilatérale et multilatérale. Elle a notamment été représentante permanente du Bangladesh auprès de l’ONU et occupait depuis 2022 les fonctions de secrétaire générale adjointe et de Haute Représentante pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.
Son arrivée à la tête de l’UNAMA intervient dans un contexte particulièrement complexe en Afghanistan. Le pays reste confronté à d’importants besoins humanitaires, à de sévères restrictions imposées aux femmes et aux filles, à des difficultés économiques et à des tensions persistantes autour de ses relations avec la communauté internationale.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a par ailleurs prolongé en juin le mandat de l’UNAMA pour une nouvelle année, en maintenant l’accent sur ses fonctions politiques, humanitaires, de protection des droits humains et de facilitation du dialogue.
Dans ce contexte, la rencontre entre Rabab Fatima et un haut responsable indien prend une dimension qui dépasse le simple échange protocolaire. L’Inde demeure un acteur régional important dans le dossier afghan et son soutien à l’action de l’ONU constitue un élément du paysage diplomatique dans lequel la nouvelle représentante devra exercer son mandat.
Pour Rabab Fatima, la période précédant son arrivée à Kaboul constitue donc déjà une phase de consultations. Les échanges avec les acteurs régionaux peuvent lui permettre de mieux comprendre leurs priorités et de rechercher des points de convergence sur les questions humanitaires, politiques et sécuritaires liées à l’Afghanistan.
La suite de sa mission dépendra toutefois de sa capacité à maintenir le dialogue avec une diversité d’acteurs, tout en préservant le rôle de l’ONU sur les questions humanitaires, les droits humains et la recherche d’une solution politique.
Son entrée en fonction intervient ainsi à un moment où l’UNAMA devra continuer à jouer un rôle d’intermédiaire entre l’Afghanistan et la communauté internationale, dans un environnement où les attentes des autorités talibanes, des pays voisins, des bailleurs internationaux et de la population afghane ne coïncident pas toujours.
La rencontre de New York ne constitue donc qu’une première étape. Avant même son arrivée à Kaboul, Rabab Fatima commence à établir les contacts régionaux qui seront essentiels à la mise en œuvre de son mandat.


















