Le Qatar appelle les pays membres de l’Organisation de la coopération islamique à maintenir leur soutien au Processus de Doha et à empêcher que la crise afghane ne disparaisse de l’agenda international.
Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, ministre d’État au ministère qatari des Affaires étrangères, a lancé cet appel mardi 31 Sunbula à New York, lors d’une réunion du Groupe de contact ministériel de l’Organisation de la coopération islamique consacrée à l’Afghanistan, organisée en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
Al Khulaifi a estimé que les difficultés auxquelles est confrontée la population afghane nécessitaient une intensification des efforts diplomatiques, un élargissement de la coopération et la poursuite du soutien international.
« À l’heure où le peuple afghan traverse des circonstances extrêmement difficiles, les membres de l’Organisation de la coopération islamique ont la responsabilité de travailler de manière coordonnée, d’encourager un véritable dialogue et de poursuivre leur soutien », a-t-il déclaré.
Le responsable qatari a également défendu le rôle de son pays dans le Processus de Doha. Selon lui, depuis le lancement du processus de paix en Afghanistan en 2013, le Qatar a privilégié les solutions pacifiques fondées sur le dialogue et la diplomatie préventive.
Le Qatar a notamment accueilli plusieurs cycles de discussions entre acteurs afghans et continue d’accueillir le Processus de Doha dirigé par les Nations unies. Doha s’est également déclaré prêt à accueillir la quatrième réunion des envoyés spéciaux consacrée à l’Afghanistan.
Al Khulaifi a appelé à maintenir la dynamique du processus afin que la question afghane reste au premier plan de l’agenda international, conformément à la résolution 2721 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Le Qatar veut également maintenir une présence humanitaire et de développement en Afghanistan. Selon les autorités qataries, plusieurs organisations du pays ont mis en œuvre des projets dans différents secteurs, avec une attention particulière portée à l’éducation et à l’emploi des femmes, des filles et des jeunes.
La position de Doha combine ainsi deux axes : maintenir un canal diplomatique avec les autorités talibanes et continuer à soutenir les besoins humanitaires et de développement de la population afghane.
Al Khulaifi a par ailleurs appelé à un « engagement constructif » entre les autorités de facto et la communauté internationale. Le Qatar s’est dit prêt à travailler avec les autres membres de l’Organisation de la coopération islamique pour suivre les progrès, répondre aux besoins humanitaires urgents et maintenir le dialogue.
L’Organisation de la coopération islamique a elle-même réaffirmé lors de la réunion son engagement à soutenir le peuple afghan. Son secrétaire général, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a défendu une approche fondée sur la communication et la coopération pratique avec les autorités de facto, tout en soulignant les efforts de l’organisation dans l’éducation des filles, la santé et la cohésion sociale.
Cette approche place toutefois les pays musulmans devant un équilibre difficile. Le maintien du dialogue avec les Taliban peut préserver des canaux diplomatiques et faciliter certaines actions humanitaires, mais il pose également la question de la manière de maintenir au premier plan les droits des femmes et des filles ainsi que les autres préoccupations internationales.
Le Qatar n’a pas reconnu officiellement le gouvernement taliban, mais il reste depuis plusieurs années l’un des principaux canaux de dialogue entre les Taliban et la communauté internationale. Cette position donne à Doha une capacité particulière de médiation, mais l’efficacité de ce rôle dépend aussi de sa capacité à transformer le dialogue en résultats concrets.
La réunion de New York montre ainsi que la question afghane reste présente dans les discussions de l’OCI et des Nations unies. Mais maintenir cette question à l’agenda international ne dépendra pas uniquement de nouvelles réunions : l’enjeu sera de préserver simultanément l’aide à la population, les canaux diplomatiques et l’attention portée aux droits fondamentaux.
Pour Doha, le Processus de Doha doit donc continuer. Pour la population afghane, la question essentielle reste de savoir si cette continuité diplomatique pourra produire des avancées concrètes dans une situation humanitaire et sociale toujours difficile.


















