Emmanuel Macron a consacré une large partie de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies à la situation à Gaza, à la guerre en Ukraine et aux crises du Moyen-Orient, en appelant à une application cohérente du droit international.
Sur Gaza, le président français a vivement critiqué l’insuffisance de la réponse internationale. Il a estimé que l’écart entre les déclarations en faveur de la paix et la réalité humanitaire dans le territoire mettait en jeu la crédibilité du système international.
Macron a notamment dénoncé le niveau insuffisant de l’aide humanitaire entrant à Gaza et a insisté sur la gravité de la situation des civils. Il a également évoqué la Cisjordanie et les violations des droits des Palestiniens.
Le président français a réaffirmé son soutien aux droits des Palestiniens, notamment leur droit à l’existence et à l’autodétermination. Selon lui, la garantie de ces droits est également liée à la sécurité à long terme d’Israël.
Macron a par ailleurs averti que considérer la sécurité d’Israël comme dépendant de violations de la souveraineté des pays voisins constituerait, selon ses termes, une « erreur décisive ». Il a défendu l’idée qu’une telle approche pourrait à terme fragiliser la sécurité régionale, y compris celle d’Israël.
Au Liban, le président français a insisté sur la souveraineté de l’État libanais. Il a estimé que seul un Liban pleinement souverain pouvait prendre des décisions concernant le désarmement du Hezbollah et assurer la sécurité de sa population ainsi que celle de ses voisins.
Sur la Syrie, Macron a appelé au rétablissement de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Il a également réaffirmé le soutien de la France à la construction d’une « Syrie libre ».
La guerre en Ukraine a constitué l’autre grand volet du discours. Macron a dénoncé la poursuite de l’offensive russe et a réaffirmé le soutien de la France au droit des Ukrainiens à la paix, à la sécurité et à décider de leur propre avenir.
Le président français a toutefois également insisté sur la nécessité de parvenir à des négociations entre Moscou et Kyiv. Il a proposé de travailler à l’arrêt des attaques contre les infrastructures énergétiques et civiles et a défendu un cessez-le-feu en mer Noire, qui pourrait notamment faciliter la circulation des céréales et contribuer à la sécurité alimentaire.
Cette proposition s’inscrit dans les efforts diplomatiques récemment défendus par Paris pour obtenir une limitation des attaques contre les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes.
Au-delà de Gaza et de l’Ukraine, le fil conducteur du discours de Macron a été la défense de la Charte des Nations unies. Le président français a appelé à appliquer les mêmes principes à toutes les crises, indépendamment de la région ou des rapports de force.
Pour Paris, la souveraineté des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peuvent être appliqués de manière sélective. Macron a ainsi cherché à placer Gaza, l’Ukraine et les crises du Moyen-Orient dans un même cadre juridique et politique.
Cette position place cependant la France face à une difficulté majeure : faire appliquer ces principes dans un système international marqué par les rivalités entre grandes puissances, les conflits prolongés et les désaccords sur les moyens de garantir la sécurité d’Israël, de l’Ukraine et des États du Moyen-Orient.
Le discours de Macron traduit donc une volonté de défendre une ligne diplomatique fondée sur le droit international et la souveraineté, tout en maintenant l’effort de négociation. Reste à savoir dans quelle mesure cette approche pourra produire des résultats concrets alors que les principaux conflits évoqués continuent de résister aux initiatives diplomatiques.


















