Cinq ans après l’interdiction de l’enseignement secondaire pour les filles en Afghanistan, l’UNICEF renouvelle son appel aux Taliban pour qu’ils lèvent immédiatement toutes les restrictions visant l’éducation des filles et des femmes.
Selon l’UNICEF, plus de 2,6 millions de filles afghanes ont été privées d’enseignement secondaire depuis 2021. L’organisation souligne que l’Afghanistan reste le seul pays au monde où l’enseignement secondaire et supérieur est, de fait, fermé aux filles et aux femmes. oai_citation:0‡UNICEF
Les filles sont exclues de l’enseignement formel au-delà de la sixième année depuis septembre 2021. Les femmes ont ensuite été interdites d’accès aux universités à partir de décembre 2022. Cette succession de restrictions a progressivement réduit les possibilités d’éducation formelle pour une génération entière. oai_citation:1‡UNICEF
L’UNICEF appelle les autorités de facto à permettre à toutes les filles et à toutes les femmes de retourner immédiatement dans les écoles et les universités, sans condition. L’organisation estime que chaque année supplémentaire passée hors du système éducatif augmente les risques auxquels sont exposées les adolescentes, notamment le travail des enfants, les mariages précoces et différentes formes de violence. oai_citation:2‡UNICEF
Au-delà de la salle de classe, l’enjeu concerne également l’avenir du pays. Une analyse de l’UNICEF publiée en 2026 estime que les restrictions visant l’éducation des filles et la participation des femmes au marché du travail coûtent à l’Afghanistan au moins 84 millions de dollars par an en production économique perdue. L’organisation avertit également que ces restrictions réduisent progressivement le capital humain disponible pour des secteurs essentiels, notamment l’éducation et la santé. oai_citation:3‡UNICEF
La question concerne donc non seulement le droit à l’éducation, mais aussi la capacité de l’Afghanistan à former les futures enseignantes, professionnelles de santé et autres travailleuses qualifiées. Plus la période d’exclusion se prolonge, plus le coût potentiel pour les institutions et pour l’économie augmente.
Les Taliban défendent leurs restrictions en les présentant comme conformes à leur interprétation de la charia et aux valeurs de la société afghane. Les Nations unies et de nombreuses organisations de défense des droits humains continuent cependant de demander leur levée.
Amnesty International a également marqué le cinquième anniversaire de la prise de pouvoir des Taliban par une campagne et des actions de sensibilisation sur la situation des droits humains en Afghanistan. L’organisation affirme que les restrictions visant les femmes et les filles se sont institutionnalisées depuis 2021. oai_citation:4‡Amnesty International
Cinq ans après la fermeture de l’enseignement secondaire aux filles, le principal constat reste l’absence de changement dans la politique éducative des Taliban malgré les appels répétés des organisations internationales. Pour les millions de filles concernées, chaque année supplémentaire hors de l’école signifie aussi une année de moins pour acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à leur avenir.
La question dépasse ainsi le seul accès à l’école. Elle touche directement la formation du capital humain, le marché du travail, les services essentiels et les perspectives économiques de l’Afghanistan. Tant que les restrictions resteront en place, leur coût ne se limitera pas à la génération actuellement privée d’éducation : il risque également de se prolonger dans l’avenir du pays.


















