Les États-Unis ont confirmé qu’aucun réfugié afghan ne pourra actuellement entrer sur le territoire américain, une décision qui risque d’accroître l’incertitude de milliers d’Afghans toujours en attente d’une réinstallation depuis la chute de Kaboul en 2021.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fait cette déclaration mardi lors d’une audition devant la Commission des relations étrangères du Sénat. Interrogé par le sénateur démocrate Chris Coons sur le sort des réfugiés afghans hébergés au camp de transit de Doha, au Qatar, Rubio a indiqué que ces personnes seraient orientées vers d’autres pays sûrs plutôt que vers les États-Unis.
Selon Chris Coons, environ 1 100 anciens partenaires afghans des États-Unis se trouvent encore au Qatar. Parmi eux figurent près de 400 enfants ainsi qu’environ 150 membres de familles de militaires américains. Le sénateur a averti que ces personnes risquaient d’être transférées vers des pays confrontés à des difficultés humanitaires ou, dans certains cas, de faire face à la perspective d’un retour en Afghanistan.
Coons a demandé à l’administration américaine de travailler avec le Congrès afin de trouver une solution durable, notamment pour les familles liées aux forces armées américaines.
Marco Rubio a toutefois répondu qu’il ne pouvait prendre un tel engagement.
« Je ne peux pas donner cette garantie. Tout d’abord, après l’attaque contre des membres de la Garde nationale l’année dernière, un décret présidentiel a été adopté. Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons pas faire entrer d’Afghans dans le pays », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie américaine a néanmoins affirmé que Washington poursuivait des discussions avec plusieurs gouvernements afin d’identifier des solutions de réinstallation. Selon lui, au moins cinq pays ont déjà exprimé leur volonté d’accueillir une partie des réfugiés concernés.
« Je travaillerai avec vous pour trouver des lieux appropriés où ces personnes pourront être réinstallées. Nous voulons que cela se réalise », a ajouté Rubio à l’adresse du sénateur Coons.
Depuis le retrait américain d’Afghanistan en août 2021, le dossier des réfugiés afghans demeure l’un des sujets les plus sensibles de la politique migratoire américaine. Des milliers d’anciens employés, interprètes, collaborateurs civils et partenaires des institutions américaines attendent toujours l’aboutissement de leurs procédures d’immigration.
Beaucoup de ces Afghans ont été transférés vers des centres temporaires situés au Qatar, aux Émirats arabes unis ou en Albanie dans l’attente d’une décision définitive concernant leur avenir.
Au-delà de la question migratoire, les déclarations de Marco Rubio traduisent une évolution de l’approche américaine. Plutôt que de relancer immédiatement les admissions sur le territoire américain, Washington semble privilégier une stratégie fondée sur la coopération avec des pays tiers pour résoudre la situation des réfugiés afghans.
Cette orientation pourrait toutefois susciter de nouvelles inquiétudes parmi les Afghans concernés. Pour nombre d’entre eux, un retour en Afghanistan est considéré comme un risque majeur en raison de leur collaboration passée avec les forces et institutions américaines. Plus de quatre ans après le retrait des États-Unis, leur avenir demeure ainsi suspendu aux décisions politiques et diplomatiques prises à Washington et dans les pays partenaires.


















