Des clients de plusieurs banques privées à Kaboul affirment que les établissements bancaires ont limité les retraits d’argent liquide à 20 000 afghanis et que les usagers doivent attendre plusieurs heures pour obtenir cette somme.
Trois habitants de Kaboul ont déclaré mardi 22 Sawr à Afghanistan International que les banques, en plus de limiter les retraits, renvoient les clients « sous prétexte de problèmes techniques » lorsque le nombre de visiteurs augmente.
Un client d’Azizi Bank a indiqué : « De l’argent m’a été envoyé depuis l’étranger, mais la banque n’a pas versé la totalité du montant et ne m’a donné que 20 000 afghanis. »
Il explique que cet argent devait servir à l’achat du sacrifice de l’Aïd ainsi qu’aux dépenses de sa famille, mais que cette somme reste insuffisante pour couvrir les besoins liés aux fêtes.
Selon plusieurs clients, certaines banques refusent également de verser intégralement les transferts d’argent envoyés depuis l’étranger.
Les banques privées de Kaboul ainsi que la Banque centrale d’Afghanistan n’ont jusqu’à présent fourni aucune explication officielle concernant ces restrictions.
Cependant, des plaintes liées au manque de liquidités et aux limitations de retraits avaient déjà été signalées ces derniers mois.
Un employé d’une banque privée, sous couvert d’anonymat, a expliqué que les fonds transférés depuis l’étranger ne sont pas immédiatement convertis en espèces et que les banques doivent suivre des procédures de compensation et de gestion financière.
Il a affirmé que ces difficultés sont temporaires et pourraient être résolues prochainement.
Le système bancaire afghan traverse une grave crise de liquidités depuis l’effondrement de l’ancien gouvernement et le retour des talibans au pouvoir en 2021.
Le gel des avoirs financiers afghans à l’étranger, la suspension d’une grande partie de l’aide internationale et la rupture des liens avec le système financier mondial figurent parmi les principales causes de cette crise.
L’année dernière, la Banque centrale contrôlée par les talibans avait pourtant annoncé avoir relevé le plafond mensuel des retraits à un million d’afghanis pour les comptes en monnaie locale et à 15 000 dollars pour les comptes en devises étrangères.
Des experts économiques estiment que la poursuite des restrictions sur les retraits bancaires réduit la confiance du public dans le système financier et pourrait accroître davantage la pression économique sur les familles afghanes.


















