Plusieurs anciens employés de la municipalité contrôlée par les talibans à Kaboul accusent les autorités locales de discrimination et de décisions arbitraires dans le licenciement de personnel expérimenté.
Selon eux, les talibans auraient progressivement écarté des employés spécialisés et des techniciens travaillant depuis l’ancien gouvernement pour les remplacer par des personnes proches du mouvement.
Les employés concernés affirment avoir été licenciés sans justification valable, sous des accusations de négligence professionnelle ou d’absences injustifiées, alors qu’ils assurent n’avoir enregistré aucune absence et que les systèmes électroniques de présence pourraient le prouver.
L’ingénieur Rahmatullah, l’un des employés renvoyés, explique avoir travaillé près de neuf ans au sein du département d’enregistrement et de supervision des infrastructures avant d’être licencié pour « absentéisme » et « négligence ».
Il a demandé à la municipalité talibane de Kaboul de vérifier les données du système électronique de présence ainsi que les documents administratifs disponibles.
Rahmatullah affirme également avoir adressé une lettre au maire taliban de Kaboul pour dénoncer de possibles irrégularités dans certains projets de construction et dans le processus d’approbation des matériaux de construction.
Selon lui, certains responsables talibans auraient empêché l’examen légal de ces dossiers.
Des sources locales indiquent parallèlement que plusieurs ingénieurs hazaras auraient aussi été écartés de leurs fonctions malgré leur expérience professionnelle.
Selon ces sources, cette pratique concernerait notamment les districts 4, 6 et 13 de Kaboul, où plusieurs employés auraient été licenciés sous différents prétextes.
D’autres témoignages évoquent également une forte pression de travail exercée sur les employés et ouvriers municipaux, certains travaillant du matin au soir, y compris le jeudi, dans des conditions difficiles.
Des accusations de corruption administrative dans certains projets municipaux ont aussi été soulevées.
Des sources affirment que dans plusieurs projets, des matériaux de construction auraient été utilisés sans procédures légales, sans tests de laboratoire ni contrats transparents, tandis que certains marchés auraient été attribués à des entreprises proches de responsables talibans.
Ces accusations interviennent alors que plusieurs rapports avaient déjà fait état du remplacement progressif des employés de l’ancien gouvernement par des personnes affiliées aux talibans.
Des critiques estiment que cette tendance risque d’affaiblir les capacités techniques et professionnelles des institutions publiques et d’accroître la méfiance au sein des administrations contrôlées par les talibans.


















