Des combats de plusieurs jours entre les Taliban et le Front pour la liberté d’Afghanistan dans le district de Kamdesh, dans la province du Noristan, ont donné lieu à des bilans contradictoires concernant les morts, les arrestations et le contrôle de certaines zones.
Mohammad Hassan Saqib, porte-parole de la police talibane au Noristan, a déclaré lundi 28 septembre à Radio Hurriyat, un média proche des Taliban, que 38 membres des forces opposées avaient été tués et 60 autres arrêtés au cours des trois jours de combats à Kamdesh.
Selon lui, certains des individus arrêtés avaient été blessés pendant les affrontements, tandis que d’autres s’étaient rendus aux Taliban. Saqib a également affirmé que les opérations que les Taliban qualifient d’« opérations de ratissage » se poursuivaient dans le district.
Le Front pour la liberté d’Afghanistan présente cependant une version totalement différente. Le groupe a affirmé dimanche que 37 membres des Taliban avaient été tués et 24 autres blessés dans les combats à Kamdesh, ainsi que dans le district de Nari, dans la province voisine de Kunar.
Le Front affirme également que ses forces ont mené une contre-offensive au cours de laquelle plusieurs postes des Taliban et certaines zones de Kamdesh et de Nari auraient été retirés du contrôle taliban. Le groupe affirme aussi avoir pris possession d’une quantité d’armes et d’équipements.
Les Taliban avaient auparavant publié un autre bilan concernant les mêmes affrontements. Leur ministère de la Défense avait annoncé la mort de 28 combattants opposés aux Taliban et l’arrestation de 32 autres. Le ministère avait également affirmé que ces personnes étaient entrées en Afghanistan depuis l’autre côté de la ligne Durand.
Les Taliban ont présenté les personnes concernées comme étant liées à des groupes d’opposition et à Daech, et ont accusé le Pakistan de les soutenir et de les encourager. Ces accusations n’ont pas été confirmées par la partie adverse.
Le Front pour la liberté a, de son côté, rejeté le bilan annoncé par les Taliban et l’a qualifié de « faux ». Le groupe affirme également que les Taliban auraient utilisé des civils, des voyageurs et des touristes locaux au Noristan pour présenter un nombre plus élevé de personnes arrêtées et auraient réalisé des vidéos les montrant.
Les informations disponibles confirment qu’un affrontement important a eu lieu ces derniers jours à Kamdesh, mais elles ne permettent pas d’établir de manière indépendante le nombre réel de victimes, de personnes arrêtées ou l’ampleur d’un éventuel changement de contrôle territorial.
Cette absence de vérification indépendante est particulièrement importante dans ce type de conflit. Les principaux bilans disponibles proviennent directement des parties engagées dans les combats, chacune présentant une version favorable à ses propres forces.
La situation dans le Noristan et le Kunar revêt par ailleurs une importance particulière en raison de la géographie montagneuse et de la proximité de la frontière pakistanaise. Dans un contexte de tensions persistantes entre Kaboul et Islamabad, toute dégradation de la situation sécuritaire dans ces provinces peut avoir une dimension régionale plus large.
Les accusations concernant une implication ou un soutien extérieur doivent également être distinguées des faits établis. À ce stade, les affirmations des Taliban concernant un soutien pakistanais aux groupes opposés n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
De même, les revendications du Front pour la liberté concernant la prise de postes et de territoires ne permettent pas, à elles seules, de déterminer l’évolution durable du contrôle du terrain.
La multiplication des bilans contradictoires illustre ainsi une difficulté récurrente du conflit afghan : l’information sur les combats provient souvent des acteurs eux-mêmes, alors que l’accès indépendant aux zones concernées reste limité.
Pour l’instant, le fait le mieux établi est que de violents combats ont opposé les Taliban au Front pour la liberté à Kamdesh. En revanche, l’ampleur exacte des pertes, le nombre réel d’arrestations et la situation définitive des zones disputées restent incertains.
Les prochains rapports indépendants et les éventuelles évolutions sur le terrain seront donc déterminants pour établir si les revendications des deux camps correspondent à des changements durables dans la situation sécuritaire du Noristan et du Kunar.


















