L’Inde s’est déclarée prête à coopérer avec l’Afghanistan dans le développement et la modernisation des systèmes d’assainissement urbain ainsi que dans la formation des personnels techniques de ce secteur.
L’annonce intervient à l’occasion d’une rencontre entre Ghulam Rahman Kazim, directeur exécutif de la société afghane de distribution d’eau et d’assainissement urbain, et le responsable de l’organisme chargé de l’eau et de l’assainissement à Delhi.
Selon le communiqué de la société afghane, publié le 25 septembre, Kazim a présenté les installations, les systèmes et les programmes de l’entreprise. Il a demandé à la partie indienne de soutenir la modernisation des réseaux d’assainissement et la construction de stations d’épuration adaptées aux conditions et aux besoins de l’Afghanistan.
Le responsable indien a, de son côté, présenté l’expérience de Delhi dans l’approvisionnement en eau, la collecte et le traitement des eaux usées ainsi que les technologies utilisées dans ses stations d’épuration.
Selon les autorités talibanes, la partie indienne s’est déclarée prête à coopérer à la mise en place de systèmes d’assainissement décentralisés et à la construction de stations de traitement adaptées aux besoins locaux. La coopération pourrait également concerner l’exploitation des installations, leur maintenance et le renforcement des compétences techniques et professionnelles des employés afghans.
Un représentant du ministère indien des Affaires étrangères a également salué les programmes de la société afghane et indiqué que son ministère ainsi que d’autres institutions indiennes étaient disposés à contribuer à cette coopération.
La rencontre s’inscrit dans le cadre d’une visite en Inde d’une délégation de la société afghane de distribution d’eau et d’assainissement urbain. La délégation avait auparavant visité une station d’épuration à New Delhi afin d’observer ses capacités, ses technologies et ses méthodes de gestion.
Les deux parties ont également échangé des informations sur le projet de station d’épuration de Golbagh à Kaboul, selon le communiqué afghan.
Le développement des infrastructures d’assainissement constitue un enjeu important pour les villes afghanes. L’urbanisation croissante, les capacités limitées de traitement des eaux usées et le manque d’infrastructures adaptées exercent une pression supplémentaire sur les services urbains et la gestion de l’environnement.
La coopération envisagée avec l’Inde se situe par ailleurs dans un domaine essentiellement technique. Elle peut ainsi créer des espaces de contact pratique entre les deux parties, indépendamment des questions politiques plus sensibles qui entourent les relations de l’Inde avec les Taliban.
Cette dynamique s’inscrit dans une reprise plus large des échanges techniques et économiques entre New Delhi et Kaboul. L’Inde a poursuivi ces derniers mois ses contacts avec les autorités afghanes dans plusieurs secteurs, notamment économiques et techniques.
Cependant, l’annonce d’une disponibilité à coopérer ne signifie pas qu’un accord financier ou un contrat de réalisation a déjà été conclu. Aucun budget précis, calendrier d’exécution ou engagement financier détaillé n’a été annoncé dans le communiqué officiel afghan.
La prochaine étape sera donc de déterminer si ces discussions débouchent sur des projets concrets, avec des financements, des échéances et des responsabilités clairement définis.
Au-delà de la question de l’assainissement, cette initiative illustre l’élargissement des domaines de contact entre l’Inde et les Taliban. Après les échanges politiques et économiques, l’eau, les infrastructures urbaines, le traitement des eaux usées et le transfert de compétences techniques deviennent eux aussi des secteurs de coopération potentielle.
Pour les villes afghanes, l’enjeu sera surtout de transformer cette volonté de coopération en infrastructures opérationnelles et durables, adaptées aux capacités locales et capables de répondre à l’augmentation des besoins urbains.


















