Ahmad Massoud, dirigeant du Front national de résistance d’Afghanistan, a nommé Saleh Mohammad Registani commandant général des opérations militaires de l’organisation, un jour après l’annonce du retour de ce commandant dans les montagnes de l’Hindu Kush.
Le Front national de résistance a publié mardi 31 Sunbula le décret de nomination. Selon ce document, Ahmad Massoud demande aux responsables et aux commandants du Front de coopérer et de se coordonner avec Registani conformément à la structure et aux règles de l’organisation.
Le décret présente cette nomination comme une décision fondée sur l’expérience et les antécédents de Registani, avec pour objectif de renforcer la coordination et la cohésion au sein de l’état-major militaire du Front.
Registani est une figure militaire ancienne de la résistance afghane. Il avait déjà combattu aux côtés d’Ahmad Shah Massoud, le père d’Ahmad Massoud, pendant la première période de résistance contre les Taliban. Il a ensuite occupé des fonctions politiques et militaires en Afghanistan.
Cette nomination intervient surtout au lendemain de son retour annoncé en Afghanistan. Lundi, le Front national de résistance avait diffusé une vidéo montrant Registani dans une zone montagneuse. Il y affirmait être de nouveau présent dans l’Hindu Kush et déclarait que la résistance se poursuivait. Le Front a confirmé que la vidéo était récente.
Le calendrier des deux annonces donne à la nomination une portée particulière. Le retour de Registani n’est pas seulement présenté comme un retour personnel sur le terrain : il est immédiatement suivi d’une responsabilité centrale dans la chaîne de commandement militaire du Front.
Ahmad Massoud a également relayé le décret accompagné de deux vers du Shahnameh de Ferdowsi. Ce geste donne à l’annonce une dimension symbolique supplémentaire, au-delà de la seule réorganisation administrative du commandement.
Le Front national de résistance affirme poursuivre ses activités armées contre les Taliban et évoque l’existence d’autres fronts dans différentes régions du pays. Ces affirmations concernant l’étendue et les capacités opérationnelles de la résistance ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir l’ampleur réelle de sa présence militaire sur le terrain.
L’importance immédiate de cette nomination réside donc davantage dans la structure du commandement que dans une modification déjà démontrée de la situation militaire. Le décret donne à Registani une responsabilité générale sur les opérations et demande explicitement aux autres commandants de coordonner leur action avec lui.
La question centrale sera désormais de savoir si cette nouvelle organisation permettra effectivement au Front de renforcer la coordination entre ses différentes unités et de maintenir une présence opérationnelle durable à l’intérieur de l’Afghanistan.
Le retour de Registani intervient également après plusieurs mois marqués par des affrontements et des pertes parmi les forces opposées aux Taliban. La capacité du Front à transformer un changement de commandement en résultats militaires concrets reste cependant impossible à mesurer à partir des seules déclarations disponibles.
À ce stade, aucun élément indépendant ne permet donc de conclure que cette nomination a déjà modifié l’équilibre militaire avec les Taliban. Elle constitue néanmoins un signal important sur la volonté du Front national de résistance de renforcer sa structure opérationnelle et de donner à son commandement militaire une coordination plus centralisée.
La prochaine étape sera de voir si cette réorganisation se traduit par des opérations vérifiables, une présence accrue sur le terrain ou une meilleure coordination avec d’autres groupes opposés aux Taliban. C’est sur ces éléments concrets que pourra être évaluée la portée réelle du retour de Registani et de sa nouvelle fonction.


















