TÉHÉRAN — L’Iran cherche à renforcer sa présence économique en Afghanistan, un marché que les autorités iraniennes considèrent comme important pour développer les exportations et les investissements. Cette stratégie prend une importance particulière alors que Téhéran reste confronté à de lourdes sanctions américaines qui compliquent son accès aux marchés internationaux.
Mohammad-Reza Babaei, gouverneur de la province de Yéz, a présenté l’Afghanistan comme un marché important pour l’augmentation des exportations iraniennes lors d’une rencontre avec l’ambassadeur d’Iran à Kaboul. Il a appelé les commerçants et investisseurs de Yéz à renforcer leur présence dans le pays.
Selon les médias iraniens, la réunion a également porté sur les moyens de développer les relations économiques entre les deux pays, de faciliter les contacts entre leurs milieux d’affaires et de créer des conditions favorables aux investissements réciproques.
Babaei a cité plusieurs secteurs dans lesquels les entreprises de Yéz pourraient répondre à une partie de la demande afghane : industrie, mines, production de matériaux de construction, entreprises fondées sur la connaissance, services médicaux et tourisme.
Le gouverneur a également estimé que la coopération ne devait pas se limiter aux exportations de marchandises. Les services techniques et d’ingénierie ainsi que l’attraction de capitaux afghans vers des projets en Iran pourraient, selon lui, contribuer à élargir les échanges économiques.
Il a par ailleurs présenté les infrastructures développées de Yéz comme un atout pour les investisseurs et appelé à faciliter les mécanismes permettant d’orienter les capitaux afghans vers les secteurs productifs et les services de la province.
Cette offensive économique intervient alors que l’Iran reste soumis à d’importantes sanctions américaines, notamment dans les domaines bancaire, pétrolier et commercial. Ces restrictions compliquent les transactions financières et l’accès de l’économie iranienne aux marchés internationaux.
Dans ce contexte, l’Afghanistan représente pour Téhéran plus qu’un simple débouché pour ses produits. Sa proximité géographique avec l’Iran, leur frontière commune et les besoins afghans en biens, matériaux de construction, services techniques et prestations spécialisées en font également un maillon potentiel du commerce régional.
Mais transformer cet intérêt en présence économique durable reste un défi. Les entreprises doivent notamment composer avec les difficultés liées aux transferts de fonds, au transport, aux investissements et à la sécurité des activités commerciales.
La compétition pour le marché afghan pourrait ainsi évoluer au-delà de la simple vente de marchandises. Les acteurs capables d’offrir des services, des financements et des voies commerciales plus fiables disposeront d’un avantage pour consolider leur position. Pour l’Iran, l’enjeu sera donc de convertir sa proximité géographique et ses capacités industrielles en échanges durables, malgré les contraintes imposées par les sanctions et les risques du marché afghan.


















