Une rencontre entre de hauts responsables talibans et syriens en Arabie saoudite suscite de nouvelles interrogations sur l’évolution des relations entre Kaboul et Damas, alors qu’aucune relation diplomatique officielle n’existe encore entre les deux gouvernements.
Sirajuddin Haqqani, ministre de l’Intérieur des Taliban, a rencontré Anas Khattab, ministre syrien de l’Intérieur, en marge du pèlerinage du Hajj en Arabie saoudite. L’information a été révélée par Mohammad Jalal, conseiller du ministre taliban de l’Intérieur, qui a publié une photographie de la réunion sur le réseau social X.
Selon Jalal, Abdul Haq Wasiq, chef des services de renseignement des Taliban, ainsi que Hussein Salama, responsable des services de renseignement syriens, ont également participé à cette rencontre.
Aucune des parties n’a communiqué de détails sur le contenu des discussions, les éventuels accords abordés ou les objectifs précis de la réunion. La date exacte de la rencontre n’a pas non plus été rendue publique. L’image diffusée montre toutefois un échange dans une atmosphère relativement informelle.
Cette rencontre intervient alors que la Syrie et les Taliban ne disposent toujours pas de relations diplomatiques officielles. Comme la majorité des États arabes et de la communauté internationale, Damas n’a pas reconnu officiellement le gouvernement taliban.
Malgré cette absence de reconnaissance, plusieurs signaux ont laissé entrevoir une volonté de maintenir des canaux de communication. En février 2025, Mohammad Hassan Akhund, chef du gouvernement taliban, avait adressé un message de félicitations à Ahmad al-Sharaa après sa nomination comme président intérimaire de la Syrie, exprimant l’espoir d’un renforcement des relations entre les deux pays.
Jusqu’à présent, les contacts entre les autorités talibanes et le nouveau pouvoir syrien sont restés limités. Damas n’a annoncé aucune démarche officielle visant à établir des relations diplomatiques avec les Taliban.
La composition de la délégation présente à cette réunion confère toutefois une dimension particulière à l’événement. La participation simultanée des ministres de l’Intérieur et des responsables des services de renseignement des deux parties suggère que les discussions pourraient avoir dépassé le cadre protocolaire habituel.
Même en l’absence d’informations officielles sur le contenu des échanges, la présence de responsables sécuritaires de premier plan laisse penser que des questions liées à la sécurité régionale, au renseignement ou à d’éventuelles formes de coopération future ont pu être évoquées.
Cette rencontre intervient à un moment où les Taliban cherchent à élargir leurs relations extérieures et à réduire leur isolement diplomatique. Dans le même temps, les nouvelles autorités syriennes tentent de redéfinir leur position régionale après les profondes transformations politiques intervenues dans le pays.
Au-delà de sa portée symbolique, cette réunion pourrait être interprétée comme une phase exploratoire permettant aux deux parties d’évaluer les perspectives d’une coopération future. Même sans reconnaissance officielle ni accord annoncé, le simple fait que des responsables sécuritaires de haut niveau se soient réunis souligne l’existence d’un intérêt mutuel à maintenir un dialogue dans un contexte régional en pleine recomposition.


















