Des évaluations des services de renseignement américains indiquent que l’Iran a repris une partie de sa production de drones durant le cessez-le-feu de six semaines et reconstruit ses capacités militaires plus rapidement que prévu.
CNN, citant plusieurs sources informées, affirme que Téhéran a réactivé certaines lignes de production de drones dès le début du mois d’avril, parallèlement à l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Quatre sources proches du dossier ont indiqué à la chaîne américaine que les renseignements américains observent des efforts iraniens pour remplacer des sites de missiles, des lanceurs et certaines capacités de production d’armements stratégiques endommagés ou détruits lors des frappes américaines et israéliennes.
Selon ces évaluations, l’Iran pourrait encore représenter une menace sérieuse pour les alliés régionaux de Washington si une nouvelle campagne militaire était déclenchée.
Un responsable américain cité par CNN affirme que certaines analyses estiment que l’Iran pourrait restaurer pleinement ses capacités de frappes par drones dans un délai d’environ six mois.
« Les Iraniens ont dépassé tous les calendriers prévus par la communauté du renseignement », a déclaré cette source.
Selon le rapport, la capacité de Téhéran à intensifier les attaques de drones constitue l’une des principales préoccupations des alliés des États-Unis dans la région, notamment parce qu’elle pourrait compenser une éventuelle réduction des capacités balistiques iraniennes.
CNN affirme également que l’Iran a pu accélérer sa reconstruction grâce au soutien de la Russie et de la Chine, ainsi qu’au fait que certaines infrastructures militaires n’ont subi que des dégâts limités pendant les frappes.
Deux sources ont indiqué que la Chine aurait fourni à l’Iran certaines pièces pouvant être utilisées dans la fabrication de missiles, bien que ces transferts aient été limités par les mesures de pression américaines.
La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait lui aussi affirmé que la Chine fournissait à l’Iran des « composants pour missiles », une accusation rejetée par Pékin.
Les nouvelles évaluations américaines indiquent que malgré les lourds dommages subis, l’Iran conserve encore une partie importante de ses capacités en missiles balistiques, drones et systèmes de défense aérienne.
CNN avait précédemment rapporté qu’environ la moitié des lanceurs de missiles iraniens avaient survécu aux frappes, mais les nouvelles estimations portent désormais ce chiffre à près des deux tiers.
Selon plusieurs sources, cette révision s’explique notamment par la récupération de certains lanceurs enfouis sous les décombres pendant la période de cessez-le-feu.
Le rapport indique également que des milliers de drones iraniens seraient encore opérationnels et qu’environ 50 % des capacités de drones du pays auraient été préservées.
Les services de renseignement américains estiment aussi qu’une partie importante des missiles de défense côtière iraniens est restée intacte. Ces systèmes constituent l’un des principaux moyens de pression de Téhéran contre la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Malgré cela, les sources citées estiment que les dommages infligés à l’industrie militaire iranienne n’auraient retardé la reconstruction que de quelques mois et non de plusieurs années, une partie importante des infrastructures stratégiques étant restée opérationnelle.


















