Dans un reportage bouleversant réalisé dans la province afghane de Ghor, la BBC décrit comment la pauvreté, le chômage et l’effondrement progressif des services de santé et des moyens de subsistance poussent certaines familles afghanes à vendre leurs propres enfants pour survivre.
Saïd Ahmad, habitant de Ghor, a raconté que sa fille de cinq ans, Shaygha, souffrait d’une appendicite et d’un kyste au foie. Incapable de payer les frais médicaux, il affirme avoir été contraint de la vendre à un membre de sa famille.
Selon lui, l’opération de l’enfant a été financée grâce aux 200 000 afghanis obtenus en échange de sa fille.
« Si j’avais eu de l’argent, je n’aurais jamais pris cette décision. Mais je me suis dit que sans opération, elle mourrait. Au moins ainsi, elle restera en vie », a-t-il déclaré.
La BBC rapporte également le témoignage d’autres familles confrontées à la faim et au chômage extrême.
Juma Khan, un ouvrier journalier de 45 ans, explique n’avoir trouvé du travail que trois jours au cours des six dernières semaines et affirme que ses enfants s’endorment régulièrement le ventre vide.
Abdul Rashid Azimi, père de deux jumelles, dit être prêt à vendre ses enfants afin de sauver le reste de sa famille.
La mère des fillettes affirme que leur seule nourriture est désormais « du pain et de l’eau chaude ».
Le reportage évoque aussi une augmentation des décès d’enfants liés à la malnutrition et au manque de soins médicaux.
Après avoir visité un cimetière de Ghor, la BBC écrit que le nombre de tombes d’enfants y serait presque deux fois supérieur à celui des adultes.
À l’hôpital principal de Chaghcharan, le service néonatal est décrit comme le plus saturé, les infirmières affirmant que les décès de nourrissons dus à l’insuffisance pondérale et à la malnutrition sont devenus « presque normaux ».
Selon le rapport, la crise humanitaire en Afghanistan s’est aggravée avec la réduction des aides internationales, le chômage massif et la faiblesse du système de santé.
Les Nations unies avaient précédemment indiqué que trois Afghans sur quatre ne peuvent plus couvrir leurs besoins essentiels et que plus de 80 % des familles sont endettées.
Les talibans affirment toutefois que les difficultés actuelles sont l’héritage de « l’économie artificielle » de l’époque de la présence américaine et estiment que l’aide humanitaire ne doit pas être politisée.
Ce reportage dresse le portrait d’un Afghanistan où la pauvreté et le désespoir placent les familles face à des choix qui semblaient inimaginables il y a encore quelques années.
Les organisations de défense des droits humains avertissent que la poursuite de la crise économique, les restrictions sociales et la baisse des aides internationales pourraient faire basculer davantage le pays dans une catastrophe humanitaire.


















