Des forces talibanes sont intervenues mercredi matin, 1er Mizan, au domicile de l’ancien président Hamid Karzai à Kaboul et ont empêché plusieurs responsables tribaux et visiteurs de le rencontrer, selon des sources présentes dans la capitale.
D’après ces sources, les membres des Taliban sont entrés dans la résidence sans coordination préalable alors que plusieurs personnes s’y étaient rendues pour rencontrer l’ancien président. Des personnes présentes auraient protesté contre cette intervention et demandé à pouvoir rencontrer Karzai, avant d’être dispersées par les forces talibanes.
Des sources affirment également que certains responsables tribaux ont été traités de manière « irrespectueuse ». Cette accusation n’a pas été confirmée par les Taliban.
Aucune tentative d’arrestation de Hamid Karzai n’aurait toutefois eu lieu. La raison exacte de l’intervention reste inconnue, tout comme l’identité du responsable ayant ordonné cette opération. Les autorités talibanes et le bureau de l’ancien président n’ont, pour l’heure, fourni aucune explication officielle.
L’incident intervient dans un contexte de restrictions croissantes rapportées ces derniers mois autour des déplacements et des activités politiques et sociales de Karzai.
Selon plusieurs sources, l’ancien président aurait notamment été empêché de se rendre à Kandahar, sa province d’origine, et aurait rencontré des difficultés pour effectuer certains déplacements à l’étranger. Des restrictions auraient également été imposées à ses rencontres avec des responsables politiques, des diplomates et d’autres personnalités afghanes ou étrangères.
Des sources citées par plusieurs médias afghans affirment également que certains responsables talibans auraient demandé à Karzai de limiter ses déclarations publiques sur la situation politique du pays, l’éducation des filles et d’autres sujets sensibles.
L’intervention de mercredi pourrait être liée, selon une source, aux récentes prises de position de Karzai. La semaine dernière, l’ancien président avait publié des messages à l’occasion des anniversaires de l’assassinat d’Ahmad Shah Massoud et de Burhanuddin Rabbani, dans lesquels il rendait hommage aux deux figures politiques afghanes.
Cette hypothèse reste toutefois une information attribuée à une source et ne constitue pas une explication officielle de l’intervention.
Depuis le retour des Taliban au pouvoir en 2021, Karzai a choisi de rester en Afghanistan et de maintenir un canal de dialogue avec les nouvelles autorités. Il a régulièrement appelé les Taliban à rouvrir les écoles et les universités aux filles et s’est exprimé sur plusieurs questions politiques nationales.
Cette stratégie de dialogue a également suscité des critiques. Après l’intervention au domicile de Karzai, certains utilisateurs des réseaux sociaux ont repris un passage du Golestan de Saadi sur la compassion envers le léopard et l’injustice envers les moutons pour critiquer, par analogie, la politique de dialogue avec les Taliban. Ces réactions reflètent des opinions individuelles et ne permettent pas d’établir les motivations de l’intervention.
L’élément le plus significatif de l’incident est donc moins une éventuelle arrestation de Karzai — qui n’a pas eu lieu selon les sources disponibles — que l’interruption d’une rencontre entre l’ancien président et des visiteurs venus à son domicile.
Si cette mesure s’inscrit dans une série de restrictions déjà signalées sur ses déplacements et ses contacts, elle pourrait indiquer un contrôle accru des activités politiques et sociales de l’ancien président. Mais en l’absence d’explication officielle des Taliban, il reste prématuré d’affirmer qu’il s’agit d’une nouvelle politique formalisée à l’égard de Karzai.
Pour l’instant, un fait est établi par plusieurs sources : des visiteurs venus rencontrer Hamid Karzai à son domicile de Kaboul n’ont pas été autorisés à le voir et ont été dispersés.
La question centrale reste désormais de savoir si cette intervention était une mesure ponctuelle destinée à empêcher une rencontre précise ou si elle marque une nouvelle étape dans les restrictions imposées aux contacts et aux activités de l’ancien président.


















