Le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon, a demandé au ministère de l’Éducation et des Sciences d’améliorer la qualité de l’enseignement de « l’alphabet des ancêtres », nom utilisé dans le pays pour désigner l’écriture persane.
Jeudi 28 mai, à l’issue d’une réunion du gouvernement, le président tadjik a insisté sur l’importance de l’apprentissage de cette écriture dans les établissements éducatifs.
Au Tadjikistan, l’expression « alphabet des ancêtres » est de plus en plus utilisée ces dernières années dans le discours culturel et identitaire officiel pour désigner l’écriture persane.
Emomali Rahmon avait déjà proposé en 2025, dans son discours annuel devant le Parlement tadjik, la création d’un « Centre de civilisation aryenne » dans le pays, une initiative largement perçue comme faisant partie des politiques symboliques liées à l’identité nationale du Tadjikistan.
Jusqu’à il y a environ un siècle, l’écriture utilisée dans le territoire de l’Émirat de Boukhara — dont faisait partie l’actuel Tadjikistan — était le persan.
Après la création de la République socialiste soviétique du Tadjikistan en 1929, l’alphabet latin a remplacé l’écriture persane, avant que l’Union soviétique n’impose officiellement l’alphabet cyrillique en 1940.
Deux ans avant l’effondrement de l’Union soviétique, le 22 juin 1989, la loi sur la langue d’État du Tadjikistan avait été adoptée grâce aux efforts des intellectuels et des figures culturelles du pays. Cette loi désignait officiellement la langue nationale comme « tadjik (persan) ».
Ces dernières années, les questions liées à l’identité culturelle, à la langue persane et au retour symbolique vers l’héritage historique et civilisationnel sont devenues des axes importants de la politique culturelle du Tadjikistan.


















