Les dernières données publiées par l’institut américain S&P Global montrent que l’économie européenne a atteint ce mois-ci son niveau le plus faible depuis octobre 2023, dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie, le ralentissement de la demande et la progression de l’inflation à travers l’Union européenne.
Selon le rapport, l’augmentation des prix de l’énergie et du carburant a entraîné une baisse de l’activité dans les secteurs des services et de l’industrie, accentuant la pression économique sur les ménages et le marché du travail européen.
Des économistes avertissent que, même si la situation actuelle ne peut pas encore être comparée à la crise de stagflation des années 1970, la poursuite de cette tendance pourrait aggraver davantage la crise du coût de la vie apparue après la pandémie de Covid-19.
En Allemagne, première économie européenne, l’activité du secteur privé a reculé pour le deuxième mois consécutif. En France, l’indice économique est tombé à son niveau le plus bas depuis cinq ans et demi.
Des analystes de JPMorgan estiment qu’il s’agit de la période la plus difficile pour l’économie européenne depuis la fin de l’année 2023 et affirment que plusieurs signes de récession apparaissent déjà au mois de mai.
La Commission européenne a également revu à la baisse ses prévisions de croissance et averti qu’en cas de poursuite de la crise énergétique, la croissance pourrait rester largement inférieure aux estimations actuelles.
Selon ces projections, la croissance économique de l’Union européenne devrait tomber à environ 0,9 % en 2026.
Au Royaume-Uni, les entreprises ont enregistré leur plus forte baisse d’activité depuis plus d’un an, une situation que certains analystes associent aux conséquences de la guerre impliquant l’Iran ainsi qu’à l’instabilité politique intérieure.
Les rapports indiquent aussi une forte baisse des nouvelles commandes et des exportations dans plusieurs pays européens.
Le secteur des services, considéré comme le principal moteur de l’économie européenne, a enregistré sa plus forte contraction depuis février 2021. Son indice est passé de 47,6 en avril à 46,4.
Dans le même temps, l’inflation des coûts de production a atteint son niveau le plus élevé depuis trois ans et demi, tandis que les prix des biens et des services ont progressé à leur rythme le plus rapide depuis 38 mois.
S&P Global avertit que l’inflation pourrait rester proche de 4 % dans les prochains mois.
Le marché de l’emploi européen montre également des signes d’affaiblissement. Les entreprises ont réduit leurs effectifs pour le cinquième mois consécutif, marquant la plus forte baisse de l’emploi depuis novembre 2020.
Alors que la Banque centrale européenne avait maintenu ses taux d’intérêt inchangés le mois dernier, plusieurs analystes s’attendent désormais à une hausse des taux en juin afin de contenir l’inflation.


















