Le Réseau des analystes afghans a averti dans un nouveau rapport que la santé des femmes en Afghanistan fait face à une crise profonde et croissante en raison de la fermeture des centres de santé, du manque de personnel féminin, des restrictions sur l’éducation des filles et de la forte diminution de l’aide internationale.
Selon ce rapport, l’accès des femmes aux soins médicaux, en particulier dans les zones rurales, est devenu de plus en plus difficile ces dernières années.
La fermeture de cliniques, le manque de femmes médecins et de sages-femmes ainsi que la pression économique sur les familles empêchent de nombreuses femmes de payer même les frais nécessaires pour se rendre au centre médical le plus proche.
Le Réseau des analystes afghans souligne également que la fermeture prolongée des collèges, lycées et universités pour les filles menace l’avenir même du système de santé du pays, car une nouvelle génération de femmes médecins, sages-femmes et professionnelles de santé n’est plus formée.
Le rapport indique qu’après l’arrêt soudain de l’aide américaine au début de l’année 2025 et la réduction des soutiens d’autres organisations internationales, la crise sanitaire en Afghanistan s’est encore aggravée.
Citant l’Organisation mondiale de la santé, le rapport précise que 422 centres de santé ont été fermés à travers le pays.
Parallèlement, la Banque mondiale a indiqué que durant l’année fiscale 2025, environ 48 % du budget des talibans avait été consacré aux institutions sécuritaires, tandis que le secteur de la santé n’avait reçu que 2,6 % des ressources.
Le rapport ajoute également que les restrictions imposées par les talibans sur les déplacements des femmes et l’obligation d’être accompagnées d’un mahram dans certaines régions compliquent davantage l’accès aux soins médicaux.
Des analystes estiment que l’Afghanistan fait désormais face à une crise multidimensionnelle qui dépasse le simple manque d’infrastructures médicales et qui est directement liée aux politiques éducatives, économiques et sociales du pays.
Selon les experts, la poursuite de cette situation pourrait entraîner l’effondrement progressif du personnel féminin spécialisé dans le secteur de la santé, avec de lourdes conséquences pour la santé des femmes et des enfants en Afghanistan.


















