Le porte-parole des Taliban, Zabihullah Mujahid, a rejeté les critiques visant le nouveau règlement taliban sur la « séparation des couples », affirmant que les objections formulées contre ce texte « n’ont aucune importance » pour l’administration talibane.
Lors d’un entretien diffusé mercredi par la télévision d’État contrôlée par les Taliban, Mujahid a déclaré que, selon la jurisprudence hanafite, le père ou le grand-père paternel dispose d’une autorité légale sur les enfants et peut les marier de manière considérée comme « valide et conforme à la charia ».
Selon lui, la seule condition exigée est que le tuteur soit sain d’esprit et entretienne de bonnes relations avec l’enfant.
« Il s’agit d’une règle de la charia, et non d’une règle des Taliban », a affirmé Mujahid, ajoutant que les critiques adressées à ce règlement contredisent les principes islamiques.
Des défenseurs des droits humains estiment toutefois que ce nouveau texte officialise davantage le mariage des enfants et renforce les restrictions imposées aux femmes en Afghanistan.
Les Taliban ont récemment adopté un document de 31 pages intitulé « Principes de séparation des couples », détaillant des questions liées au mariage des mineurs, à l’annulation du mariage, à la garde des enfants et aux pouvoirs des tuteurs familiaux.
Le règlement prévoit que certains mariages d’enfants peuvent être annulés dans des situations spécifiques, notamment en cas de disparition du mari, d’apostasie, de séparation forcée ou de certains différends religieux.
Le texte fait également référence au principe islamique du « choix à la puberté », qui permet à une personne mariée durant l’enfance de demander l’annulation du mariage après avoir atteint l’âge de la puberté.
Selon l’article cinq du règlement, si le mariage d’un enfant a été conclu par une personne autre que le père ou le grand-père paternel, une demande d’annulation peut être introduite devant un tribunal après la puberté.
Le document accorde également de larges pouvoirs aux tuteurs familiaux dans les questions liées au mariage des enfants, tout en précisant qu’un mariage peut être annulé si le tuteur est jugé abusif, mentalement instable ou moralement corrompu.
Le règlement prévoit par ailleurs que la garde des garçons revient généralement à la mère jusqu’à l’âge de sept ans et celle des filles jusqu’à neuf ans, avant d’être transférée au père.
Des organisations internationales avaient déjà averti qu’après le retour des Taliban au pouvoir, les mariages précoces avaient augmenté en Afghanistan, un phénomène que plusieurs experts associent à la pauvreté, à l’insécurité et aux restrictions sociales imposées dans le pays.


















