Le ministère de la Justice des talibans a annoncé la publication du « règlement sur la séparation des époux » après son approbation par Hibatullah Akhundzada, chef des talibans. Le texte a été publié dans le journal officiel sous le numéro 1489.
Ce règlement comprend 31 articles définissant différentes conditions et raisons pouvant conduire à la séparation d’un couple.
Selon ce document, les juges obtiennent dans certains cas le pouvoir de prononcer une séparation entre mari et femme lorsque certaines conditions sont réunies.
L’article 3 du règlement aborde notamment la question du mariage avec une personne jugée « non équivalente ». Il y est indiqué que si une femme se marie sans l’autorisation de son tuteur avec un homme considéré comme non compatible selon la famille, l’origine, la religion ou d’autres critères, ce mariage pourra, dans certains cas, être annulé.
Le texte précise également que si le mari est absent mais que son lieu de résidence est connu, la femme ne pourra pas demander la séparation pour cause d’absence ou de non-paiement de pension alimentaire.
Le règlement prévoit en outre que si un mari est porté disparu et que son épouse se remarie, le second mariage sera considéré comme nul si le premier mari réapparaît.
L’article 22 stipule que si le mari maltraite son épouse ou ne respecte pas ses droits, la femme peut saisir le tribunal. Toutefois, si les violences peuvent être empêchées par d’autres moyens, le juge ne pourra pas prononcer la séparation sans le consentement du mari.
Le règlement traite également de questions telles que le « zihar », l’apostasie, les problèmes sexuels entre époux et certaines accusations d’abus sexuels impliquant des proches du mari.
Selon ce texte, dans certains cas, le juge peut contraindre le mari à verser une compensation ou à divorcer en utilisant des peines d’emprisonnement ou des châtiments corporels.
La publication de ce règlement intervient alors que les restrictions imposées par les talibans aux femmes et aux filles continuent de susciter de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains et de la communauté internationale.
Des experts juridiques estiment que certaines dispositions du texte pourraient renforcer les inquiétudes concernant la limitation des droits des femmes et le rôle croissant des interprétations religieuses strictes dans le système judiciaire afghan.


















