Fazel Ahmad Manawi, ancien ministre de la Justice de l’Afghanistan, a condamné l’arrestation de femmes et de jeunes filles à Hérat pour ce que les Talibans qualifient de non-respect du code vestimentaire islamique, estimant que ces pratiques portent atteinte à la dignité humaine.
Réagissant aux informations faisant état de détentions de femmes dans cette province de l’ouest du pays, Manawi a déclaré que conduire des femmes et des jeunes filles dans des centres de détention sous prétexte de « mauvais hijab » était inacceptable et nuisait à leur honneur, à leur réputation et à leur personnalité.
Selon lui, les conséquences de telles mesures ne touchent pas uniquement les personnes arrêtées, mais affectent également les familles, l’environnement social et l’avenir de la société afghane.
« Comment peut-on, au nom de la religion, exposer des femmes et des jeunes filles à l’humiliation, à la stigmatisation et à des préjudices sociaux, puis présenter cela comme un service rendu à la charia ? », a-t-il déclaré.
L’ancien ministre a ajouté que le non-respect de la dignité humaine affaiblit la cohésion sociale et risque d’engendrer des conséquences profondes pour l’ensemble de la communauté.
Parallèlement, Karim Khorram, ancien ministre de l’Information et de la Culture, a lui aussi réagi aux événements. Il a souligné que l’honneur et la dignité des femmes occupent une place importante dans la culture afghane et les enseignements religieux, appelant les autorités talibanes à libérer les femmes arrêtées et à empêcher la répétition de telles actions.
Les Talibans rejettent toutefois les accusations. Le ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice a nié les informations faisant état d’arrestations liées au non-respect du hijab.
Son porte-parole, Saif-ul-Islam Khyber, a affirmé lundi que les informations concernant l’arrestation de 21 femmes étaient fausses et relevaient de la « rumeur ». Selon lui, ces allégations visent à discréditer les règles religieuses et à créer une image négative du ministère.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs médias, militants des droits civiques et sources locales ont rapporté ces derniers jours des arrestations de femmes à Hérat, provoquant de nombreuses réactions en Afghanistan et à l’étranger.
Les restrictions imposées aux femmes demeurent l’un des principaux sujets de critique formulés par les organisations de défense des droits humains, les militants de la société civile et de nombreux anciens responsables afghans depuis le retour des Talibans au pouvoir.

















