La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a exprimé sa profonde inquiétude face aux récentes arrestations de femmes dans la province de Hérat, estimant que ces événements soulèvent de sérieuses préoccupations en matière de droits humains et de libertés fondamentales.
Dans un communiqué publié dimanche, la MANUA a indiqué que l’arrestation de femmes en raison de leur apparence ou de leur tenue vestimentaire pose des questions importantes quant au respect des droits fondamentaux des citoyens afghans.
L’organisation a rappelé aux autorités de facto leurs obligations en matière de respect des droits humains et a insisté sur le principe d’égalité devant la loi.
« Nous rappelons aux autorités de facto que chacun a le droit à la liberté de circulation et que toutes les personnes, femmes comme hommes, doivent être égales devant la loi », indique le communiqué.
Cette réaction intervient alors que plusieurs sources locales font état d’une campagne d’arrestations menée ces derniers jours dans différents quartiers de Hérat.
Selon ces sources, au moins vingt femmes auraient été interpellées au cours des deux derniers jours.
Des habitants affirment également que de nouvelles restrictions ont été imposées aux déplacements des femmes. Des chauffeurs de taxis et de rickshaws auraient reçu pour instruction de ne pas transporter les femmes voyageant sans accompagnateur masculin ou ne portant pas une tenue considérée conforme aux exigences des autorités talibanes.
Avant le début de ces arrestations, le département taliban chargé de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice à Hérat avait averti que les femmes ne respectant pas les critères vestimentaires imposés risquaient d’être arrêtées.
Toutefois, des témoins et des sources locales soutiennent que certaines des femmes interpellées portaient déjà une tenue couvrante et qu’elles auraient été arrêtées en raison de différences d’interprétation concernant les normes vestimentaires exigées.
Jusqu’à présent, les autorités talibanes n’ont pas répondu publiquement aux préoccupations exprimées par la MANUA.
Ces événements interviennent dans un contexte de critiques croissantes contre les restrictions imposées aux femmes afghanes depuis le retour des Taliban au pouvoir en 2021. Plusieurs organisations de défense des droits humains, militants de la société civile et représentations politiques afghanes à l’étranger ont également dénoncé les récentes arrestations à Hérat.
Au-delà des arrestations elles-mêmes, cette affaire met en lumière un débat plus large sur l’espace accordé aux femmes dans la société afghane. Pour de nombreux observateurs, l’élargissement des contrôles sur l’apparence et les déplacements des femmes risque d’accentuer davantage les tensions entre les autorités talibanes et la communauté internationale, alors que la question des droits des femmes demeure l’un des principaux obstacles à une normalisation des relations diplomatiques avec Kaboul.

















